
(Archives lambda : Tarnac vu du ciel — et ses moutons noirs placés sous surveillance électronique).
Un documentaire de Jean-Robert Viallet et Christophe Nick, «La mise à mort du travail» (diffusé sur France 3, les 26 et 28 octobre), jette un froid chez les DRH alors que les suicides dans les entreprises ont supplanté la séquestration des patrons à la une des journaux. Dans ce méthodique portrait de la “machine travail”, il est beaucoup question de souffrance, de harcèlement, de lavage de cerveau et de domptage des salariés.
Mais pour faire plus soft, on vous propose un extrait tendance “j’aime ma boite”. Bienvenue chez Carglass, le géant mondial de la réparation de pare-brises. Dans cette grande famille, tout le monde est super sympa. Heureusement que deux employés, en voix-off, nous dressent l’envers du décor. Ça nous fait penser au sujet que Pierre Carles a réalisé il y a quinze ans pour Strip-Tease sur Domino’s Pizza!
Le mur de Berlin n’est pas tombé, on l’a reconstruit ailleurs. Sans parler des avatars de la Forteresse Europe, le Goethe Institut commémore l’événement en nous offrant une belle petite infographie qui décrit quelques spots où on peut encore l’admirer. Il y a quand même quelques fautes de goûts dans cet inventaire géopolitiquement correct, comme de mettre dans la liste la Grande muraille de Chine, devenue un monument historique sans aucune signification politique. De mettre sur le même plan le Yémen (réunifié en 1990) et Chypre, où c’est encore une réalité. Curieux aussi : celui qu’érige Israël en Palestine fait l’objet de deux traitements distincts, comme s’il s’agissait de deux problèmes territoriaux différents. Pratique aussi de ne nommer que le Mexique, alors que les miradors virtuels et les murs metalliques sont made in USA. En revanche rien, pas un mot sur l’Ulster et les Peace Lines de Belfast. Un petit tour en images s’impose. lire la suite…
Ah! Les 20 ans de la chute du Mur de Berlin! Les médias ont trouvé là, hors coupe du monde de foot ou jeux olympiques, un excellent sujet consensuel et unanime pour célébrer ces «20 ans de liberté!». Seulement voilà, en 20 ans, le concept de “frontière” a terriblement évolué. On anticipe. On use de méthodes “proactives”. L’objectif est de repousser les migrants avant même qu’ils ne se trouvent nez à nez avec un douanier ou un garde-côte. L’image ci-contre semble résumer comment le conflit Est-Ouest s’est mué en fracture Nord-Sud. Ce n’est pas un affreux montage: il est tiré d’un document de la Commission européenne de mai 2009, qui décrit une liste de 45 projets de recherche “public-privé”, dont une petite dizaine — soit quand même 20% du total — s’attachent à produire les futures briques intelligentes de la Forteresse Europe.
Le ministre des Expulsions et de l’indignité nationale commence bien. Au moment où Eric Besson lance son «grand débat sur l’identité nationale», son ministère fait paraître au JO l’acte de naissance d’OSCAR… Le père va très bien, merci. Mais pas de confusion: Oscar est un nouveau fichier informatique. On croyait pourtant que le recours aux prénoms pour désigner des traitement de données nominatives était révolu, après les ravages provoqués par les sorties d’EDVIGE, d’ARIANE ou de CRISTINA notamment. Et bien pas du tout: comme le révèle le quotidien en ligne PCInpact, OSCAR désigne un «Outil de statistique et de contrôle de l’aide au retour» des étrangers «invités» à quitter le territoire.
Exclusif! La CNIL rebaptisée “Commission de notification des irrégularités liberticides”

Rebaptisez la CNIL: grand concours gratuit!
Cela fait une semaine qu’un concert de réprobation générale résonne d’un peu partout depuis que Brice Hortefeux a décidé de ressusciter l’esprit du fichier Edvige en créant ses soeurs jumelles aux acronymes beaucoup moins sexy, PASP et EASP. Le premier («prévention des atteintes à la sécurité publique») est le véritable successeur du FRG, le fichier des RG, et le second est son complément naturel pour alimenter les «enquêtes administratives» lors d’embauches «liées à la sécurité publique». Cette cacophonie a pourtant des airs de déjà vu. Avec, à la baguette, la très consensuelle CNIL — qu’il est grand temps de rebaptiser, d’où notre contribution à ce grand débat d’idées —, qui a joué sa partition sans fausse note. Sans oublier, dans le rôle de la grosse caisse, le Parti socialiste, qui crie au scandale sans vraiment convaincre.
MIS A JOUR (11/11):
Le président de la CNIL Alex Türk n’a pas apprécié le ton de ce billet mais ne se risque pas
à répondre sur le fond — voir les commentaires.
Une série de «débats publics» est organisée à partir du 15 octobre « sur les conditions de développement et de régulation des nanotechnologies ». C’est le grand classique de la stratégie de «l’acceptation», à savoir entretenir un semblant d’échange dit “démocratique”, pour mieux faire avaler les couleuvres et rendre “acceptable” des décisions déjà prises. «Participer, c’est accepter», tranche le groupe Pièces et main d’oeuvre (PMO), dans son 16ème bulletin Aujourd’hui le nanomonde. Et qui retrouve-t-on comme grand ordonnateur de ce “débat public”, sous la houlette d’une commission désignée et financée par l’Etat? La société I&E Consultants, experte en «stratégies d’opinion» (sic), que tout le monde connait sans le savoir. PMO rappelle en effet que I&E est la perle rare qui a gagné l’appel d’offres lancé il y a un an par les ministères de l’éducation et de la recherche et visant à repérer les «lanceurs d’alerte» et prévenir les «risques d’opinion».

L’information sur l’énergie nucléaire et ses énormes manipulations ne se traite pas, ou très peu, dans les journaux télévisés. Les armées de communicants d’Areva et d’EDF ont de bons arguments, y compris auprès des enfants! Heureusement, au moins cinq documentaires (dont celui de France 3 en février) sont à voir ou revoir en ce moment, comme nous le suggère Télérama, pour rester éclairé sur les mensonges de ce business interplanétaire. On connaît déjà le combustible MOX, soi-disant issu du “recyclage” de l’uranium usé issu des centrales. Dans «Déchets, le cauchemar du nucléaire», diffusé sur Arte mardi soir, on va enfin suivre à la trace les matières nucléaires censées être «recyclées» pour la gloire d’EDF. En réalité, un petit tour par la Sibérie nous apprendra que seulement 10% des “matières” radioactives sont réutilisées. Et pas 90% comme on cherche à nous le faire avaler. (Mardi 13 à 20h40, Arte).
Mise à jour: Tiens donc, le gouvernement prend cette histoire au sérieux? Lire la dernière note du blog de Laure Noualhat, journaliste à Libé et co-auteur de ce film—son papier paru lundi 12/10 décrit mieux le contenu des révélations.
MAJ 16/11 : Le blog de Laure “Six pieds sur terre” suit le dossier des déchets russes, ça auditionne sec à l’assemblée. Le 7 nov: Série noire pour le nucléaire français.
Voici l’extrait d’un documentaire en préparation sur les manifestations qui se sont déroulées en marge du sommet du G20 en Pennsylvanie (cf notre précédent billet sur l’emploi d’armes ultrasoniques d’inspiration militaire). Ces images ont été tournées près de l’université par une équipe de vidéastes indépendants, n’appartenant à aucun média, affiliés au réseau informel Indymedia (notamment ceux de Pittsburgh et de Chicago). Tous réunis autour du projet «Democracy 101». Ce premier montage fait environ 30 minutes.