Revenons un instant sur la polémique du “fichier des gens honnêtes”, actuellement en débat au parlement à l’occasion d’un texte de loi qui préfigure la future carte d’identité électronique (CNIE). Destinée officiellement à “protéger l’identité” comme est censé le faire la “vidéoprotection” dans l’espace public, ce projet de loi devrait être définitivement adopté dans les prochains jours. La question, déjà abordée ici même et ailleurs, revient à connaitre le statut juridique d’un vaste fichier de population constitué par les données d’état civil et biométriques des demandeurs de passeport ou de CNIE.
La question est donc de savoir si la base de données TES (titres électroniques sécurisés, mêlant à terme CNIE et passeports, et plus tard sans doute les permis de conduire) pourra être mise à disposition de la police judiciaire et des procureurs pour identifier une personne “suspecte” dont la photo numérique ou les empreintes digitales ont été capturés sur une scène de crime ou dans un tout autre cadre qu’un renouvellement de pièce d’identité. (…)







Les contours de la LOPPSI-3, la prochaine loi sur la sécurité intérieure qui devrait donner le ton de la campagne présidentielle, se matérialisent plus nettement. D’abord avec la sortie fort opportune d’un “Livre Blanc” signé par l’incontournable Alain Bauer, et ensuite par le service après-vente assuré en personne par le Sinistre de l’Intérieur Claude Guéant.



Les “fauteurs de trouble” qui sévissent lors des principaux sommets internationaux font l’objet d’une attention toute particulière de la part des vénérables institutions de l’Union européenne. Il y a quelques mois, avant le sommet du G8 de Deauville, j’avais eu l’occasion de raconter comment les pays membres, via le Conseil des ministres et ses différents groupes d’experts policiers, entendaient créer une base de données croisée pour
Depuis 2007 le gouvernement multiplie les mesures paternalistes et autoritaires pour éradiquer la délinquance. Le texte le plus exemplaire est celui de mars 2007, la loi de prévention de la délinquance (LPD), que Sarkozy a mis près de 5 ans à mijoter, dès son entrée en fonction au ministère de l’Intérieur en mai 2002. Plus de quatre ans après le vote de ce texte, c’est le cafouillage total. Le mouvement Antidélation, un réseau de travailleurs sociaux qui s’est battu contre ce texte tout au long de sa gestation, a dénoncé fin juillet les 
Ztohoven — autre mot à double sens, les 100 merdes et sortir de là —, est un groupe de perturbateurs artistiques qui sont plutôt connus, depuis près de 10 ans, pour détourner les symboles dans l’espace public physique. Avec Občan K, ils ont sauté à pieds joints dans le grand merdier numérique. (…)
L’občanka biométrique tchèque — qui ressemble parfaitement à celle mise en place en 1994 en France par Charles Pasqua… — est biométrique par le seul visage numérique. Jouons donc avec ce visage, décident en choeur les Ztohoven après l’épisode Média Realité. Ils vont donc parvenir à obtenir, tout à fait légalement, 12 cartes d’identité officielles mais totalement imaginaires. La photo qu’ils ont fourni aux autorités pour la fabriquer est la clé de la supercherie. Cette photo est le résultat d’un parfait morphing — réalisé sur PC avec un logiciel en vente libre.