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tarnacoogle

Le principal suspect des "inculpés du 11 novembre" avait un fil à la patte. Les policiers de la SDAT, la brigade antiterreur, l’ont filé à l’ancienne, mais aussi en collant une balise GPS sur sa voiture. Et il semble bien que dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, les relevés topographiques de cette laisse électronique aient convaincu les policiers que la présence de son véhicule au dessus des voies ferrées, où allait avoir lieu un incident sur les caténaires, était le signe de leur culpabilité — confirmant leurs lectures subversives.

Pour une instruction du parquet anti-terroriste, visant de soi-disant ultragauchistes pourchassés par une poignée d’ultrasécuritaires, ça n’est pas très étonnant. Après tout, si cette «association de malfaiteurs» devait être présentée comme crédible, il fallait employer tous les moyens pour les localiser et les prendre en flag. Il y a donc eu les réquisitions classiques — écoutes téléphoniques, mails et SMS, et la balise pour localiser leurs véhicule. Seulement, ils n’ont pas été pris en flag, dommage, mais ont été «localisables» à tout moment. Non, le plus surprenant c’est que le recours à un tel mouchard — c’est bien plus qu’un simple micro espion, à vrai dire — n’est absolument pas prévu en tant que tel dans le code de procédure pénale (CPP). Ça fait partie de l’arsenal que peut requérir le juge pour "faire éclater la vérité", comme on dit en principe. Pourtant, placer le véhicule d’un simple suspect sous surveillance GPS peut être tout autant attentatoire à ses libertés qu’une écoute téléphonique — qui, elle, est bien plus encadrée. La filoche électronique, un truc clandestin qui mérite une petite mise en lumière.

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La prochaine loi de programmation pour la «performance» de la sécurité intérieure, dévoilée cette semaine par MAM et sa clique, contient donc cet article révolutionnaire (le n°23 du projet de loi) qui permettra de réaliser à distance des «captations de données» sur des ordinateurs de particuliers. Le mot "captation" est bien modeste, car il s’agit bien d’une extension du domaine de la perquisition. Un acte judiciaire qui doit obligatoirement se faire, aujourd’hui, en présence du suspect. Avec ce dispositif — qui pourra prendre la forme d’un logiciel espion, ou "cheval de troie" — c’est donc la procédure pénale qui va s’en trouver complètement chamboulée.
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Chirac Nukes The World Ce croquis date du début de l’été 1995. Vous vous souvenez, lorsque le Chi décide qu’il faut encore quelques champignons nucléaires pour peaufiner les dernières armes de la dissuasion de la France. 1995, Chirac vient d’être élu. Avant lui Mitterrand avait gelé le programme des essais nucléaires, alors forcément l’un de ses premiers gestes diplomatiques est donc de relancer la machine, pour une dernière campagne d’adieu. «Allez, laissez-nous faire encore quelques essais, ce seront les derniers, promis, et puis on arrête! Après on testera nos armes par ordinateur, était allé pleurer le président en direct sur CNN. Mais laissez nous exploser nos dernières bombes dans le Pacifique!»…

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lazonabythalesOn peut toujours chercher parmi les sponsors du dernier film de Rodrigo Pla, La Zona, vous ne verrez pas le groupe Thales (meme en trichant un peu). En revanche ils s’occupent très bien du service après-vente.

Le groupe français, géant mondial des gadgets pour la sécurité intérieure, vient de signer un contrat avec la ville de Mexico. Le film raconte la cruelle vie de riches habitants d’une petite zone de lotissements surprotégée — une de ces gated communities, importées d’où vous savez —, armée de miradors vidéos et dotée d’une bonne petite milice privée qui préfère arroser les keufs que de s’emmerder avec la loi. Thales, lui, a quelques idées de scénarios à refourguer autour du concept de « Ville Sûre ». Ce truc de "Ciutad Segura", c’est le nom d’un projet très sérieux monté par la ville de Mexico, avec comme architectes industriels Telmex, le France Tel local—et nos nouveaux amis de Thales. (suite…)

Encore dix jours pour aider les Big Brother Awards à dénicher les récidivistes du délire sécuritaire, cru 2009. Utilisez pour cela le formulaire de candidature. A faire suivre, ce faire part vidéo, signé Regarde à vue.

Pour vos manuels d’histoire, il y a aussi à voir un long florilège du palmarès 2008. On avait presque oublié: le Conseil constit’, le professeur Gorwood, le président de l’université Lyon-2 Claude Journès, le patron de Taser-France Antoine Di Zazzo, Envoyé spécial ("Expulsions mode d’emploi"), et enfin Google Inc. étaient les grands vainqueurs l’an dernier. Et le collectif Refus ADN a eu les honneurs du prix des résistants.

nsa2Comment ça? La fameuse National Security Agency étatsunienne aurait espionné ses propres concitoyens? L’info date de 2005, mais cette fois, celui qui avait déjà balancé, en rajoute une couche, en direct à la télé, sur ce qui sonne comme du déjà-vu. Ce billet de Bug brother nous replonge dix ans en arrière, à l’époque où les grandes oreilles de la NSA n’avaient pas encore fait leur coming out. Juré, craché, la main sur la bible, on n’a jamais intercepté ni "traité" de communications impliquant des citoyens américains. Éclat de rire général dans l’assistance. (suite…)