Articles Tagués ‘politique’

Depuis 2007 le gouvernement multiplie les mesures paternalistes et autoritaires pour éradiquer la délinquance. Le texte le plus exemplaire est celui de mars 2007, la loi de prévention de la délinquance (LPD), que Sarkozy a mis près de 5 ans à mijoter, dès son entrée en fonction au ministère de l’Intérieur en mai 2002. Plus de quatre ans après le vote de ce texte, c’est le cafouillage total. Le mouvement Antidélation, un réseau de travailleurs sociaux qui s’est battu contre ce texte tout au long de sa gestation, a dénoncé fin juillet les faux semblants des mesures de la LPD.

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Ça fait toujours un petit quelque chose de retourner devant son ancien bahut. Pour le coup, le pincement au cœur a vite laissé place à une drôle de nausée. Sur le trottoir, une tente noire arnachée à un camion annonce la couleur. Référence au 27 septembre 2010, quand les profs et les élèves du lycée Emmanuel Mounier, que j’ai rencontré il y a quelques semaines devant un bâtiment décoré de banderoles vachardes, se prenaient une belle douche froide.

La région Rhône-Alpes, par la voix de son président socialo Jean-Jacques Queyranne, annonce alors que le bahut devra fermer neuf mois plus tard, c’est à dire dans quelques jours, fin juin 2011. Entre-temps, Queyranne a du faire marche arrière. Les cours sont maintenus mais les effectifs sont finalement amputés d’un tiers, alors qu’il y a quelques mois le lycée devait en perdre la moitié. Ci-dessous, une belle manœuvre d’auto-satisfaction, une plaquette éditée par la région début juin, dans laquelle elle claironne avoir maintenu l’activité — sans jamais mentionner sa volonté de fermer le rideau neuf mois plus tôt… Pendant ce temps, le corps enseignant bataille ferme, des derniers jours, pour « recruter » un maximum d’élèves de 3ème. « A Grenoble il y a encore beaucoup de gens qui pensent que le lycée ferme en juin ! », nous dit l’un des profs. [...]

Depuis l’annonce de la fermeture fin septembre 2010, les élèves, parents, profs et personnels se sont mobilisés. Après un premier campement organisé devant le lycée en novembre, un deuxième s’installe en janvier 2011, autour d’un camion, d’armatures en bois et de toiles de tente. Sur le murs, des slogans partout. Pas mal à l’adresse du président de région. Nous arrivons le jour du démontage, décidé en AG après que le collectif ait obtenu une ultime concession: des classes de secondes seront assurées à la rentrée 2011. Un compromis qui laisse planer d’autres doutes sur l’avenir du lycée…
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Voilà que l’affaire du "fichier des primaires" du Parti socialiste refait surface. Il fallait bien signer la fin du débat sur l’islam (pardon, la laïcité), alors JF Copé, chef du politburo de l’UMP — suivi par le président du Sénat aujourd’hui — s’est interrogé sur la "légalité des primaires socialistes". Et notamment du fichier d’électeurs que le PS a du constituer pour l’occasion. Le plus drôle, c’est que Copé ose parler de «flicage» — après avoir voté la LOPPSI, c’est gonflé —, et n’a pas l’air de savoir que le fichier électoral, comme le dit la CNIL, est accessible à tout parti politique à des fins de «prospection».

La question s’est déjà posée en janvier dernier, et le PS a fourni les mêmes réponses: tout est nickel. Nickel question procédures de déclaration, en revanche le sort de cette base de données après les primaires, et son exploitation pour l’élection en tant que telle, peut poser d’énormes problèmes. Je republie ci-dessous un billet de janvier 2011. Il était question du plan d’attaque du PS pour organiser ces primaires, détaillé par le menu dans un document de juin 2009 signé Terra Nova, le think-tank préféré du PS. Vous verrez comment les pontes socialistes s’émmerveillaient du «rêve orwellien» réussi par Barak Obama après sa victoire de 2008: «ficher l’intégralité du pays» grâce à «la technique du micro-targeting».

  • [Article original 24/01/2011]
  • Le CC en 2008

    Difficile, dans un premier temps, de ne pas savourer la décision du 11 mars du Conseil constitutionnel sur la LOPPSI-2. Une douzaine de dispositions se sont vues censurées. Les "Sages", comme il est convenu de les appeler, ont d’abord recalé 8 mesures parmi celles suggérées  par les parlementaires d’opposition, mais se sont aussi "auto-saisis" sur 5 autres dispositions qu’ils ont aussi censuré.

    En vérité, cette décision ressemble plutôt à un gros compromis. Le Conseil constitutionnel, qu’il le veuille ou non, est un organe politique. Ses choix relèvent d’une sorte de droit subjectif et moral, son interprétation de la légalité de la loi vis à vis des droits fondamentaux est à géométrie variable. [...]

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    La semaine dernière, un élu UMP de l’Hérault, Arnaud Julien, a tenté de mettre un peu de sable dans la machine électorale du Parti socialiste. Il dit avoir saisi la CNIL pour clarifier le statut du fichier d’électeurs que le PS doit constituer pour ses "primaires populaires" en vue des présidentielles de 2012. Or, ficher les opinions politiques est impossible sans l’accord des intéressés.

    Pour Arnaud Montebourg, principal partisan et lui-même candidat à ces primaires, tout est nickel: «Voter, c’est un acte volontaire, consenti, un acte d’adhésion. Il n’y aura évidemment personne qui viendra voter contre son gré», a-t-il dit à l’AFP, précisant qu’il était «bien évident que la CNIL avait été préalablement consultée par le Parti socialiste». Reste qu’un rapport de la fondation Terra Nova, écrit en juin 2009 pour le compte du PS, cite en exemple la campagne de Barack Obama, qui a usé et abusé de fichiers inquisiteurs lors des élections de 2008.

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    source: Arrêt sur image

    "Cela ne fait que commencer..." (Guardian, 11 nov)

    «En Angleterre, quand il y a une manifestation, tout le monde s’en aperçoit.» C’est à peu près ce qu’aurait pu déclarer David Cameron, le "Thatcher Soft" qui dirige la Grande-Bretagne depuis le printemps dernier. En effet, les Anglais ne font pas de manif tous les jours, mais quand ils y vont, ça déménage. Imaginez le siège de l’UMP, rue La Boétie, envahie et attaquée par une cohorte d’étudiants qui pénètrent dans le hall en explosant la baie vitrée.

    C’est ce qui s’est passé mercredi dernier à la tour Millbank, où le Parti conservateur a ses bureaux. Les étudiants viennent d’apprendre que les restrictions budgétaires qui vont toucher l’éducation ("education cuts") entraîneront le triplement des frais d’inscription à l’université, pour atteindre jusqu’à 7.000£ par an (9000€). Alors que Nick Glegg, le vice-Premier ministre, avait promis le contraire, et voulait même les abolir! C’est ce même Clegg qui a promis d’en «finir avec la société de surveillance»

    images publiées par london.indymedia – voir aussi cette vidéo de Russia Today

    Villiers-sur-Marne, 2009 (arte.tv)

    La question de la délinquance des jeunes fait à nouveau l’objet d’une vaste opération de com’ qui n’est pas sans rappeler la triste année 2005, qui se terminera par une série d’émeutes dans tout le pays. A cette époque, un député de l’UMP, Jacques-Alain Benisti, sortait de l’anonymat avec un rapport devenu fameux qui préconisait pour la première fois la "détection précoce" des enfants turbulents pour leur éviter la case prison dans leur adolescence. C’est cette même année que l’Inserm, l’institut public de recherche médicale, publiait une "revue d’études" sur la question, en prenant le partie de traiter la question là aussi sous l’angle "prédictif".

    Le 14 octobre 2010, le gouvernement organisait les premières "Assises de la prévention de la délinquance juvénile" (sic). Le 4 novembre,  Jean-Marie Bockel, le sous-ministre à la Justice, sortait un nième rapport sur la question. Comme par hasard, aujourd’hui même 10 novembre, Bockel doit faire mousser son "rapport" à Villiers sur Marne, fief de Bénisti… Pour régler la question "jeunes", les vieilles ritournelles prennent toujours le dessus. Voici quelques notes discordantes et deux documentaires à ne pas manquer.

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    C’était le 22 septembre 2006, lors du 2ème festival du Film grolandais de Quend-Plage-Les-Pins, dans la Somme. Eric Martin et Pierre Carles présentaient en avant première une ébauche de "Choron, Dernière", qui allait finalement sortir au cinéma en janvier 2009. Dans l’unique salle de Quend, Carles n’a pas pu rater au 3ème rang l’ex-directeur des programmes de Canal Plus, Alain de Greef, en poste en 1995/96 lorsque son film, "Pas vu pas pris", commandé par la chaîne, a été trappé après de vaines tentatives de le censurer et de l’édulcorer. On comprend mieux pourquoi, dix ans plus tard, Pierre Carles ne peut s’empêcher de foncer dans le tas d’une partie du gratin de Canal qui parrainait le (désormais défunt) festival de Groland. "Pas vu pas pris" a toujours eu un goût d’inachevé.

    Carles s’est toujours dit qu’il tournerai la suite, un jour… Et puis voilà donc "Fin de concession", qui sortira le 27 octobre dans seulement 7 salles (Paris, Nantes, Grenoble, Nice, Poitiers, Bayonne, Caen et St-Ouen-L’Aumone…). (suite…)

    «Rien n’est plus beau qu’un rassemblement populaire, des gens qui y croient, qui se battent et qui veillent, qui ne sont pas dans les salons et qui disent la vérité. Je trouve ça très beau.»

    Ainsi s’est émerveillé le photographe mondain François-Marie Banier en se noyant dans la masse pendant la manif du 7 septembre à Paris. Le héros tragédien de l’affaire Bettancourt est accusé d’avoir détroussé l’héritière de L’Oréal d’un bon paquet de millions (résumé de l’affaire en cours et dernier scoop de Mediapart). Ce 7 septembre, il est venu respirer la France d’en bas avec son solex, son boitier Nikon et ses fringues déchirées. Surréaliste. [MIS A JOUR: les photos en or de Môsieu Banier] (suite…)

    Les déclarations du maire de Nice Christian Estrosi, en service commandé par l’Elysée pour répandre un peu de braise sécuritaire au coeur de l’été, ont été aussitôt prises au vol par certains maires PS, bien qu’écartelés entre "tenants" et "timides" du vidéoflicage. C’est particulièrement le cas à Lille, la ville de la première secrétaire Martine Aubry, accusée de «laxiste» par Estrosi. A Lille, il n’y a pas de  vidéosurveillance «dans la rue», mais un reportage de France 3 nous dit que tout va bien : 6.000 caméras sont déjà à l’œuvre, dont les trois-quart aux abords de bâtiments publics. «Que le ministre se rassure, [à Lille] on est quand même filmé une bonne partie de la journée…» (France 3).

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