National Snooping Agency

Publié: 25/02/2009 dans Vieux dossiers
Tags:, , , , ,

nsa2Comment ça? La fameuse National Security Agency étatsunienne aurait espionné ses propres concitoyens? L’info date de 2005, mais cette fois, celui qui avait déjà balancé, en rajoute une couche, en direct à la télé, sur ce qui sonne comme du déjà-vu. Ce billet de Bug brother nous replonge dix ans en arrière, à l’époque où les grandes oreilles de la NSA n’avaient pas encore fait leur coming out. Juré, craché, la main sur la bible, on n’a jamais intercepté ni « traité » de communications impliquant des citoyens américains. Éclat de rire général dans l’assistance. La NSA n’avait le pouvoir d’espionner, croyait-on, que des appels émis depuis l’étranger. nsa1C’était d’ailleurs l’objet du projet Echelon, ce maillage d’interception planétaire que les USA entretiennent encore avec leurs copains du Common Wealth (résumé ici en juin 2000 par le journaliste le plus affuté à l’époque sur la question, Duncan Campbell — ce qui n’empêche pas les frenchies d’avoir le leur: Frenchelon).

La Not-So-nice Agency, créée un 4 novembre 1952 dans le plus parfait des secrets [1], n’a jamais réussi à se fondre dans la masse: personne n’est dupe. En 1994, un projet de loi fédérale, la Digital Telephony Bill, obligeait les compagnies à intégrer dans chaque téléphone une puce — conçue par la NSA — destinée à crypter les appels, tout en laissant un double des clés au gouvernement. AT&T sort son « Clipper Phone ». Un tollé. Ce sera la première fronde globale pour la liberté de chiffrer ses communications. Dès 1991 il est question aux USA de placer des bretelles numériques dans les téléphones. C’est pour contrer ces délires que Phil Zimmermann écrit le logiciel PGP et le distribue gratos, version mac comprise (ressortons les archives, bulletin lambda d’avril 1996). C’est aussi à cette époque que la société RSA Security, encore parmi nous malgré les tsunamis de la nouvelle économie, fait une campagne contre les écoutes sauvages (cf photos de ce billet), dans laquelle la National Snooping Agency est désignée comme le véritable prédateur des communications privées. L’éternel suspect, presque un épouvantail qu’on agite de temps en temps pour faire diversion.

  1. Pour aller aux sources, citons l’incontournable « Puzzle Palace » de James Bradford, 1982.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s