Pour EDF l’avenir de l’éolien passe par le nucléaire

Publié: 23/03/2009 dans A suivre
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eoliennenuke1C’est en Grande-Bretagne que Electricité de France montre son vrai visage. A l’occasion d’une consultation sur l’énergie durable ou renouvelable (renewable energy) organisée par le gouvernement de Gordon Brown, les visionnaires de la filiale britannique d’EDF ont sorti leurs calculettes pour démontrer que le solaire et l’éolien risquent bien de faire de l’ombre au nucléaire. Encore en peu et ils vont nous parler de concurrence déloyale.

Ses arguments, en gros, traduit The Guardian: « si vous voulez réellement lutter contre le réchauffement climatique, il faut y aller mollo sur les renewable » ! En compagnie d’un autre acteur du lobby radioactif, l’électricien allemand EON, ils ont donc expliqué que l’objectif de Londres de consacrer 35% d’ici à 2020 de sa consommation énergétique en source alternative (sans rejet de CO2 ni déchets nucléaires), c’était non seulement irréalisable mais surtout dommageable pour l’avenir du nucléaire civil, qui comme chacun sait dispose de très peu de leviers en haut lieu pour maintenir son hégémonie. Leur démonstration est implacable: plus les objectifs sont hauts, plus il va falloir construire des centrales thermiques « intermédiaires » le temps que le solaire et l’éolien fassent leur trou; et pendant ce temps, il serait tellement plus pratique — et plus « propre » pour la planète asphyxiée — que l’on construise dès maintenant de nouvelles centrales nucléaires. CQFD! EDF et EON pronent donc un seuil fixé plutôt à 25% d’énergie propre d’ici à 2020.

EDF est inquiet surtout car ils viennent de s’endetter à mort pour racheter (12,8 milliards d’euros) son concurrent direct au Royaume-Uni dans le nucléaire civil, British Energy. D’où sa subite préoccupation pour la palce de l’atome dans la production d’électricité outre-Manche, en majorité d’origine fossile.

En France, EDF est moins locace sans doute parce que sa filiale à 50%, qui porte son nom (EDF Energies Nouvelles), a le vent en poupe… Coté en bourse, EEN devient même l’un des acteurs les mieux placés dans les « énergies vertes », surtout l’éolien (90% de son activité), le solaire, mais aussi la biomasse et l’hydroélectricité. En 2008, son CA a dépassé le milliard d’euros, et son résultat brut (EBITDA) les 216 millions (soit 22% de marge brute, pas mal dans ce secteur), et près de 70 millions de résultat net, soit 7% de marge nette, pas mal non plus. Inutile de vous apprendre que l’autre poids-lourd du secteur « énergie verte, garantie sans CO2 et rejet radioactif », n’est autre que Areva, notre champion national de l’énergie nucléaire, via sa filiale « Areva R » (R pour renewable, of course), qui compte bien devenir devenir «un acteur mondial de référence dans l’éolien off-shore». Areva, vous savez, c’est la boite qui a osé, avant d’investir dans le moindre moulin à vent, sponsoriser les voiliers français de la Coupe de l’America. Le vent, un truc porteur pour un géant de l’atome, comme l’avait remarqué fort justement le réseau « Sortir du nucléaire », dès 2002.

Mise à jour: lire aussi le long papier de Planète Non Violente qui décrit la crise qui secoue actuellement Areva dans ses perspectives de croissance.

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