Les élèves unanimes: «Portique ta mère, Darcos le bolos !»

Publié: 22/05/2009 dans A suivre
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biciclette(Mise à jour 27/05)

Ces deux événements n’ont bien entendu rien à voir, ce ne sont que des coïncidences, des téléscopages d’actualité… Au moment où près de Bordeaux, à Floirac, deux enfants de 6 et 10 ans ont été cueillis à l’école par la police qui les a interrogé 2 heures pour un vol de bicyclette (une info de Sud Ouest), le sous-commandant Darcos continuait d’amuser la galerie avec son nième « plan antiviolence »…

Pour justifier que 6 flics en tenue se déplacent à l’école pour interpeller deux enfants, le chef de la sécurité publique de Gironde a parlé de « procédure normale ».

« C’est suite à la plainte d’une habitante de Floirac reçue dimanche matin pour un vol de vélo que les policiers ont déclenché une enquête à partir des éléments fournis par la victime. « Un enfant avait été vu par le voisinage et la plaignante savait où il était scolarisé », confie le commissaire divisionnaire Olivier Le Gouestre, directeur départemental adjoint de la sécurité publique. « Quand on a une plainte entre les mains pour un vol, et des indices nous permettant d’identifier un suspect, même s’il s’agit d’un mineur, on se doit de réagir. Lors des réunions de quartier, la population nous demande d’avoir une action rapide » ».  

(compil: Lepost.fr

A  ce compte-là, en effet, on se demande pourquoi ne pas ouvrir directement une annexe du commissariat dans les préaux. Darcos, dans un discours devant la fédé des parents d’élèves PEEP, a proposé une variante «mobile». Verbatim, extrait de son discours écrit publié jeudi: 

Il faut, a-t-il affirmé, «une force mobile d’agents qui (pourraient) intervenir dans les établissements sur des missions de prévention et de contrôle».  Dans son entourage, on précise qu’il s’agirait de «personnes assermentées, formées, qui seraient placées auprès du recteur et qui pourraient être envoyées dans les établissements pour procéder à des fouilles». Pour prévenir les comportements à risque, le ministre de l’Education propose d’impliquer «plus étroitement» les parents. Il suggère notamment de rappeler les parents démissionnaires à leurs devoirs «en leur infligeant, si nécessaire, des sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées à la faute». (nouvelobs.com)

C’était pour répondre au fait divers d’il y a une semaine — une prof blessée par une arme blanche dans une classe de 5ème à Fenouillet (Haute-Garonne). Notre sous-commandant Darcos a d’abord pensé aux solutions high-tech: le portique de sécurité (le détecteur de métaux), plus de caméras — et les contrôles biométriques à l’entrée, c’est pour quand? A la Rochelle devant la PEEP, il en a rajouté une couche: «les personnels doivent avoir le droit de faire ouvrir le cartable ou de fouiller l’élève qu’ils suspectent de vouloir introduire des armes».

Ça tombe bien, les statistiques du ministère sont prêtes-à-imprimer. C’est sans doute le résultat du logiciel Signa qui recense les faits de violence en milieu scolaire. Le Monde, bien informée pour le coup, parle d’une «liste de 184 établissements scolaires considérés comme particulièrement vulnérables aux intrusions». Pour les fabricants de portiques ou autres détecteurs — de métaux ou de comportements violents, au choix —, l’étude de marché est déjà bouclée, il suffit d’appeler le ministère !

Mais bien entendu, ce téléscopage n’a pas fait bon effet dans les couloirs du ministère. A propos des gamins de Floirac, dans un communiqué publié par son service de presse jeudi soir —mais non révélé au public sur son site web, contrairement à sa réaction à l’agression de Fenouillet—, Darcos cherche à calmer le jeu, puisque même au sein de l’UMP cet épisode a été condamné… Ce cas de garde à vue sur des enfants mineurs «ne saurait être confondu avec la question de l’introduction des armes en milieu scolaire». Ben tiens! Le ministre «prendra connaissance avec attention des conclusions de l’enquête interne demandée par le ministère de l’intérieur». «Les faits impliquant des mineurs de cet âge appellent des réponses proportionnées et doivent tenir compte de la responsabilité des familles». 

Plus haut il parlait de «parents démissionnaires» qu’il conviendrait d’impliquer «plus étroitement en leur infligeant, si nécessaire, des sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées à la faute»

Le 27 mai, le sous-commandant Darcos semblait revenir sur ses déclarations en s’exprimant devant un parterre de chefs d’établissement et de parents d’élèves. Marche arrière? Pas vraiment. Les portiques de sécurité? Pas partout bien sûr, «dans les établissements où les diagnostics de sécurité auront fait apparaître une difficulté récurrente à empêcher leur introduction». Les fouilles? Proviseurs et surveillants généraux (les CPE) recevront «une habilitation spécifique» (celle d’un OPJ, sans doute), pour encadrer des fouilles ponctuelles. Et à propos de la «police des écoles», le ministre propose bien «une force mobile d’agents assermentés, recrutés et formés» qui, placée auprès des recteurs, pourrait «intervenir dans les établissements, sous l’autorité des chefs d’établissement, dans le cadre de missions de prévention et de dissuasion.» Autant de perches tendues à l’adresse du Petit Conducator, qui doit causer «sécurité» jeudi 28 devant les forces vives de la répression quotidienne qu’il a convoqué à l’Elysée. Des courbettes bien compréhensibles: Darcos cherche à conquérir le ministère de la Justice. Marre de l’école? Pauvres magistrats.

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