Du cinéma brut, des films uniques: le palmarès 2009

Publié: 08/07/2009 dans A l'arrache
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img_1331Les festivals de films indés, fabriqués sans aucune prod, ça court pas les rues. Et les festivals de films indés où la programmation déchire et l’ambiance est survoltée, encore moins. Le Festival Cinémabrut a bouclé dimanche sa 4ème édition, à Mouans Sartoux (06). Je participe à cette folle aventure, alors forcément mon avis est exalté . Mais vous pouvez demander aux réalisateurs présents cette année, dont Pierre Carles, et ils vous diront à peu près la même chose… Voilà le florilège du Palmarès 2009. Et plus bas dans la page, une invitation à voir le Brutal d’Argent qui est revenu au  jubilatoire « Chantier Zéro » des Frères Denis — et d’autres liens vers les films primés.

Le film qui claque qu’on vous propose en intégralité, c’est « Chantier 0 » de la « Melville Team » et réalisé par les Frères Denis (3 frères et un 4ème larron). Comment dire ? C’est une sorte de vision jubilatoire et apocalyptique du monde de l’entreprise, ou plutôt de la « corp » à l’américaine. Hilarant portrait, façon Monthy Python, d’une équipe de bras cassés en quête de rentabilité maximum dans l’industrie de la destruction. Ils ne toucheront jamais de « golden parachutes ». Mais ce film a reçu le deuxième prix en compet, le Brutal d’Argent. Qu’on se le dise: ils s’en foutent, du trophée, les gars de la Melville Team. (Vous en voulez plus? Allez voir ici pour découvrir la génèse…)

Pierre Carles était présent samedi pour présenter la dernière mouture de « Ni vieux ni traitres, suite et fin », un projet qui date déjà de plus de six ans, coréalisé avec Georges Minangoy. Un montage qui ne sera sans doute pas le dernier, pour ce film qui retrace les parcours croisés de militants antifranquistes et de leurs copains anarchistes français, dont certains choisiront l’«action directe» en fondant AD en 1978/79.

Affiche de Siné du film de Carles et Minangoy (première version)

Affiche de Siné du film de Carles et Minangoy (première version)

Un film qui ne cherche pas à naviguer entre les thèses pour donner la «parole aux victimes», déjà ultra-présente dans les médias et l’inconscient collectif lorsqu’il s’agit de rappeler les faits d’armes de ce groupe totalement démantelé en 1987. Non, ce film replonge aux origines du combat contre l’exploitation de l’Etat et de ses complices de l’industrie, et pose clairement la question aux « ex » d’AD — comme Jean Halphen, Jean-Marc Rouillan, mais aussi Joëlle Aubron, interrogée juste avant sa mort — de l’efficacité de leurs actes et des traces qu’ont pu laisser leur « action » à la lumière de la violence du capitalisme féodal des années 2000.

Carles avait une « carte blanche » à Mouans Sartoux (cf programme du samedi). Il est venu avec 2 films invités (extraits du DVD « Trois petits films contre le grand capital », édité par CP Productions pour la revue Le Plan B) : « Le Temps des bouffons », de Pierre Falardeau (Québec), pamphlet sans concessions sur les gros lards de la haute société canadienne (à voir ou revoir en boucle); et « L’Initiation », de Boris Carré et François-Xavier Drouet, une heure d’immersion au coeur d’une fabrique à cons, où de petits agneaux sont formatés pour se muer en loups ou requins du commerce international (plus d’infos ici). Grande prestation, dans ce film, d’un coach qui ferait bien de passer au théâtre plutôt que d’être un jour tenté par le suicide…

ENFIN, voilà les liens vers les autres films du palmarès. Le Brutal d’Or, un long-métrage, « Le dictionnaire de l’amour fourbe », de Guillaume Levil (à voir ici en plusieurs parties), une « comédie expérimentale » qui ne rentre dans aucune case prédéfinie de la culture cinoche. Un film en quatre chapitres, qui se regarde dans l’ordre qu’on veut; quatre fables de La Fontaine — ou plutôt de La Foutrak — sur les moeurs et perversions des rapports humains. Un film inclassable, qu’on adore ou qu’on déteste — et forcément imparfait, car un film parfait, soit ça n’existe pas soit c’est déjà plus du cinéma.

Le Brutal de Bronze est revenu à un film d’animation psychanalytique de Guillaume Aventurin, « Janus » (à découvrir). Et deux mentions spéciales: l’une à « Lupus », de Philip Segura (tableau filmé autour du thème du petit chaperon rouge, pour faire court…), et « Qui prier pour oublier » (un film documentaire poignant sur l’incarcération), tourné en Belgique et réalisé, dans le cadre de ses étuds, par Ekin Ercan (à voir ici). Signalons aussi la première de « Bang », premier long métrage vidéopoétique de Pat Marcel et TK Kim (la bande-annonce), qui va lui aussi très vite faire parler de lui…

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