Some other bricks in the Wall

Publié: 13/11/2009 dans Vieux dossiers
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Image 1Le mur de Berlin n’est pas tombé, on l’a reconstruit ailleurs. Sans parler des avatars de la Forteresse Europe, le Goethe Institut commémore l’événement en nous offrant une belle petite infographie qui décrit quelques spots où on peut encore l’admirer. Il y a quand même quelques fautes de goûts dans cet inventaire géopolitiquement correct, comme de mettre dans la liste la Grande muraille de Chine, devenue un monument historique sans aucune signification politique. De mettre sur le même plan le Yémen (réunifié en 1990) et Chypre, où c’est encore une réalité. Curieux aussi : celui qu’érige Israël en Palestine fait l’objet de deux traitements distincts, comme s’il s’agissait de deux problèmes territoriaux différents. Pratique aussi de ne nommer que le Mexique, alors que les miradors virtuels et les murs metalliques sont made in USA. En revanche rien, pas un mot sur l’Ulster et les Peace Lines de Belfast. Un petit tour en images s’impose.Arizona (USA)

Mirador électronique dans l'Arizona (Tuscon Citizen)

En 2006, le président Bush, prétextant que le Mexique peut laisser passer de vilains terroristes — alors que la frontière avec le Canada est autrement plus poreuse —, fait voter le SFA — le Secure Fence Act (SFA). Avec pour mission de fermer les points les plus chauds de la frontière, en Arizona, Texas et Nouveau-Mexique, avec des palissades et des barrières de 3 mètres de haut, qu’il ne faut surtout pas appeler des murs.

Clé du programme: un test grandeur nature d’un «virtual wall», un mirador électronique équipé de capteurs de mouvements et de caméras à vision nocturne, comme le résumé ici le Christian Science Monitor). Ces miradors ont permis, selon les autorités, d’interpeller plus de 2000 migrants.

Voici des extraits d’un documentaire collectif d’excellente facture: The Wall. Nous avons eu l’occasion de le voir, et on espère qu’il sortira un jour en Europe. Il raconte l’histoire de ce mur qui ne veut pas dire son nom. Le « Project 28 », nom de code du mur virtuel made in USA, est bien entendu évoqué. Un projet sérieusement dénoncé par les populations, inquiètent de se retrouver, malgré tout, suspects en puissance car le mirador ne fait pas encore la différence entre des Américains pur souche et des candidats à l’immigration. (Voici la bande-annonce.)

Selon un papier de Wired en 2006, avant ce projet ce sont les drones Predator qui ont pris du service pour chasser les clandestins (1700 personnes pris au piège). Le documentaire de Ricardo Martinez est souvent cruel pour les résidents, dans le sens où il les prend dans le sens du poil: si certains sont opposés à l’édification de ces barrières de métal, ce n’est pas toujours pour des raisons humanitaires; l’Américain sait protéger ses intérêts, et un mur moche au fond de son jardin — ou de son terrain de golf, voir ci-dessous —, qui empiète de plus sur son terrain, devient plus intolérable à ses yeux que la politique migratoire de son gouvernement.


Belfast (UK)

belfast2

belfast1Belfast, capitale de l’Ulster — Irlande du Nord, partie intégrante du Royaume-Uni. La-bas, on les appelle pudiquement les Peace Lines. Erigées à partir de 1985, il y en a quarante encore recensées dans Belfast. Elles sont censées sécuriser les quartiers « loyalistes » (protestants, attachés à la couronne) et « républicains » (catholiques, pro-Dublin).

belfast3Dans différents reportages, comme celui réalisé en 2009 pour ABC Australia (ci-dessous), les habitants insistent pour qu’elle ne soient pas démantelées, persuadés que les « gens d’en face » n’ont rien à faire avec eux… Pour en savoir plus, écouter aussi un reportage de 2007 du Guardian, et un autre plus récent qui rappelle les dates clés de ce conflit ouvert.


Israël / Cisjordanie

Plan du Mur en Cisjordanie (source: Monde diplo)

Une copie presque parfaite du Mur de Berlin s’étend sur plusieurs portions de frontière entre Israël et les territoires de Palestine. Des parois en béton de 6 mètres de haut qui séparent des villes palestiniennes de Cisjordanie comme Ramallah ou Bethléem.

Le photographe JR y a fait son théâtre d’expérience visuelle entre 2005 et 2007 dans le cadre de son projet Face2Face : afficher sur ce «mur de sécurité», comme en pleine ville sur des façades d’immeubles, des portraits énormes de personnes de même profession, mais qui vivent chacun d’un côté du Mur.

faces2Un documentaire a été tourné sur ce périple, Faces, de Gérard Maximin, qui a reçu le prix spécial du Jury au Festival du film des Droits humains de Genève en 2008. Il a suivi JR et son compagnon Marco dans la préparation du voyage, des prises de vues fin 2006 jusqu’à l’affichage des portraits en mars 2007.

On peut voir ici de longs extraits du document.


Ailleurs

Image 1

Un reportage photo du JDD revisite certains de ces endroits encore coupés en deux par du béton, des tranchées et des barbelés, comme au Maroc (frontière du Sahara occidental), en Abkhazie, à Bagdad forcément, à Ceuta (enclave espagnole au Maroc), en Inde au Cachemire, et dans des lieux parfois plus insolite, comme ci-dessus à Charm-el-Cheikh, qui protège son centre touristique contre les « terroristes » bédoins avec une enceinte énorme en béton.

–> Les briques de la Forteresse Europe –> Les vestiges de Berlin, dernier round (photos)

commentaires
  1. […] 20 ans. Dans d’autres endroits de la planète c’est encore une réalité. –> Lire à ce propos notre prochain billet. […]

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