Archives de mars, 2010

Les Big Brother Awards remettent le couvert pour la 10ème année consécutive… Orwell Party prévue le 29 mai 2010 à St Denis chez Jolie Mome.

Toujours 5 prix Orwell en compétition pour distinguer les champions de la surveillance et du contrôle social, mais aussi les meilleurs experts en Novlangue [ci-contre: le trophée], inscrite depuis peu au Journal officiel!

Cliquez ici pour accomplir votre devoir civique: pour coincer Big Brother et ses avatars, la délation est fortement recommandée!

Révisez vos classiques avec le palmarès 2009 en vidéo (Delanöé, Alliot-Marie, Frédéric Lefevre…). J’avoue avoir un faible pour ce petit florilège du palmarès précédent, en 2008, avec le Conseil Constit’, Di Zazzo (Taser), le président de Lyon-2 Journès… et Google… (montage Regarde à vue) –> (suite…)

Affiche du CDL, collectif antividéo à Paris

Deux affaires se sont téléscopées la semaine dernière avec en toile de fond l’extrême fragilité de la preuve par l’image en matière de vidéosurveillance. Comme quoi même quand les caméras sont aveugles ou complètement neutres, il y a toujours un moyen de les faire parler.

D’abord le procès de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, qui s’est conclu le 17 mars par la condamnation de dix personnes à des peines allant de 8 mois à 3 ans de prison ferme, malgré les doutes sur l’identification formelle des prévenus par les images vidéos d’un centre de rétention. Ensuite la farce politico-médiatique du ministère de l’Intérieur, «l’incroyable erreur» entourant l’enquête de la mort d’un policier à Dammarie-les-Lys qui serait liée à l’ETA. Des pompiers catalans en vacances ont été pris pour des terroristes sur la seule foi d’une caméra de supermarché — et d’un logiciel de reconnaissance à qui les flics ont trop fait confiance.

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Le site mesopinions.com, l’un des sites de pétitions en ligne les plus populaires sur la Toile francophone, est en pleine campagne publicitaire. Il a choisi le marketing viral pour se faire connaître. Dommage: le buzz dont il est la vedette n’est pas de son initiative.

Tout part d’une pétition lancée en Guadeloupe par le rédacteur d’un blog très influent aux Antilles, Chien créole. Le 23 février, suite au séisme qui a ravagé l’île d’Haïti, il décide d’interpeller le président Sarkozy avec la pétition Pourquoi il est impératif de régulariser les sans-papiers haïtiens. Manque de bol: le texte se fait aussitôt censurer sous un prétexte fallacieux. (suite…)

Saint Quentin Fallavier (38)En février 2009, parait sur le site internet de l’Académie de l’Isère une annonce un peu particulière. Il s’agit de trouver un enseignant volontaire pour un poste de directeur de l’école primaire Les Moines (6 classes) à Saint Quentin Fallavier, ce beau village situé entre Lyon et Bourgouin.

«La moitié de l’équipe est installée depuis longtemps», pouvait-on lire dans l’annonce. «Ces personnes ont une approche militante de l’école qui les conduit à prendre des positions de refus par rapport à certaines demandes institutionnelles (Base-élèves, évaluations nationales)». Principale mission du nouveau directeur? «Rétablir une loyauté institutionnelle dans cette école, tant dans les rapports avec l’administration qu’avec l’équipe pédagogique. Centrer l’action de l’école sur les priorités nationales.» Aussitôt connu, en pleine vague de désobéissance dans l’éducation, ce « poste a profil » fait fureur. L’annonce est alors republiée sans les mentions litigieuses (lire notre billet de février 2009). Cela vaudra à l’inspectrice d’académie (IA) une citation aux derniers Big Brother Awards. (suite…)

Branly, mort à 21 ans à Abidjan

Ça peut paraître provocateur, et pourtant non. La frénésie sécuritaire vient de faire, par ricochet, une vrai victime humaine: Branly Nsingi, un Congolais de 21 ans résidant en France, parti en vacances en Côte d’Ivoire au début de l’année. Il est décédé d’une crise cardiaque le 28 janvier 2010.

Au moment de prendre son vol de retour, à l’aéroport Houphët-Boigny d’Abidjan, impossible de partir. On lui rétorque que son passeport n’est pas «biométrique» et qu’il faut refaire ses papiers. Son passeport était pourtant valide jusqu’en… 2011. Il a pourtant quitté Paris avec. Mais ne rentrera jamais. Le Congo-Kinshasa, comme la plupart des pays, oblige désormais ses ressortissants à utiliser ces petites merveilles lors de tout séjour à l’étranger. Branly, raconte l’une de ses soeurs interrogée par Congolive.com, était tombé malade un peu avant son retour en France. Mais le temps a joué contre lui. Il aurait fallu 15 jours pour refaire son passeport. Il aurait sans doute pu rentrer à temps pour se soigner chez lui, en France. Il est décédé à son arrivée à l’hôpital d’Abidjan, sans pouvoir être ausculté. Le 28 mars, il aurait eu 22 ans. Depuis qu’il réside en France, c’est la première fois qu’il partait en Afrique. Une manifestation de soutien à sa famille était organisée la semaine dernière à Paris par des associations congolaises.

 

IT1 20H - 03/11/1976 (ina.fr)

Tout le monde croyait que c’était à cause du projet de mégafichier administratif SAFARI, envisagé pendant l’ère Pompidou au début des 70s, que l’Etat avait finalement du adopter, en 78, la première loi informatique et libertés. En fait non! Bakchich vient en effet d’exhumer une vidéo de l’INA qui date de novembre 1976, dans laquelle le ministre de l’Intérieur de Giscard, Michel Poniatowski, prétendait lutter contre «les fichiers politiques du Parti communiste» (sic) pour justifier une telle loi… Quel rapport? Et bien le propre fils de Ponia, Axel, aujourd’hui député UMP et tête de liste dans le Val d’Oise, est attaqué en diffamation par son concurrent du PS Ali Soumaré. Ponia Junior a en effet participé, avec le maire de Franconville Francis Delattre, à la campagne nauséabonde sur le présumé passé sulfureux de Soumaré. Un passé judiciaire qui n’aurait pas pu être évoqué sans une consultation minutieuse du fichier STIC ou du casier judiciaire.

Mise à jour: les indiscrétions relayées par les députés ne proviennent pas, finalement, des fichiers de police, explique Le Monde (2/04), plutôt des services du tribunal de Pontoise.
PS – Vous avez reconnu le présentateur du JT? Gagné: Patrice Duhamel, aujourd’hui directeur de l’antenne du groupe France Télévisions.

Décembre 2001: enterrement des libertés au Conseil constitutionnel (lsijolie.net)

Le principe de « rétention des données » vient de prendre une belle claque en Allemagne. La Cour constitutionnelle — dernier rempart légal contre l’arbitraire d’Etat a censuré la loi qui oblige à conserver pendant un an toutes les traces laissées par les citoyens dans leurs communications diverses et variées (téléphone fixe ou mobile, données internet, etc.). Rassurez-vous, en France aussi cette loi existe, car c’est une directive européenne qui l’impose. Une directive de 2006, votée après les attentats de Londres et Madrid, elle-même issue d’une autre directive de 2002, votée après ceux du 11 septembre.

Ironie de l’histoire, la décision allemande parvient au moment même où une réforme du Conseil constitutionnel (CC) permet désormais à tout citoyen (en principe) de porter un recours devant ledit Conseil afin de vérifier l’adéquation d’un texte avec la Constitution. Fin 2001, nous étions quelques uns à réclamer, dans les jardins du Palais Royal (à deux pas du CC) que ses « sages » acceptent l’examen d’une «saisine citoyenne», qui dénonçait le caractère ouvertement anti-constitutionnel de la Loi sécurité quotidienne (LSQ). Déjà, il était question de « conservation des données », une forme de surveillance a priori moins intrusive qu’une écoute téléphonique. A priori…

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(Les Amis de la Terre)

Mufulira (Zambie), éventrée et polluée par une mine de cuivre qui a été financée par la BEI

 

[Droit de suite…] La mégabanque de l’Union européenne qui finance des projets pourris en Afrique en passant par des paradis fiscaux, ça vous interpelle? C’était l’objet, l’été dernier, d’un rapport salé d’une coalition d’ONG (Counter Balance) à propos des prêts douteux de la BEI, la Banque européenne d’investissement, en Afrique.

Il révélait une nouvelle facette de la domination occidentale: l’irruption obscène de la haute finance institutionnelle — de l’argent public garanti par les budgets des 27 Etats membres — dans la surexploitation des ressources africaines, causant des désastres pour l’environnement et aggravant du même coup le fossé entre nantis et démunis. (suite…)