Archives de août, 2010

La surveillance sauvage des citoyens américains vient de passer un nouveau cap après un jugement de cour d’appel qui prend effet dans neuf Etats de l’union, dont la Californie. Évoquée par Time récemment, l’affaire se penchait sur un coup tordu de la DEA, la police fédérale antidrogue. Tout est parti d’une enquête des stups en 2007 — le but était de confondre Juan Pineda-Moreno, un cultivateur de marijuana de l’Oregon — qui s’est permis de pénétrer chez le suspect, sans aucun mandat, pour coller un module GPS sur sa Jeep. La cour d’appel a donc validé la violation de domicile pour justifier la surveillance électronique.

Une affaire exemplaire car elle réunit deux piliers de la doctrine sécuritaire étasunienne: « la guerre contre la terreur» — qui a produit les loirs iniques type Patriot Act qui ont élargi les pouvoirs d’enquêtes sans contrôle du juge — et «la guerre contre la drogue», qui a déjà produit son lot d’atteintes aux droits civiques depuis des décennies. (suite…)

Reconstitution

«Jusqu’à présent, les dealers taguaient nos numéros de véhicules sur les murs pour donner l’alerte ou imprimaient des slogans injurieux sur des tricots à la vente, mais ça c’est une drôle de variante.» Ce syndicaliste policier n’en revient pas: à la suite d’une course-poursuite avec un dealer qui abandonnera sa voiture pour prendre la fuite, les flics découvrent dans la voiture, à côté d’une sacoche remplie de 500 grammes de cannabis, des tee-shirts. Sur chaque vêtement, a révélé l’AFP du 23/08 (lepost.fr), étaient inscrits des chiffres et des lettres correspondant… aux numéros de plaques des voitures banalisées de la Brigade anti-criminalité (BAC), qui œuvrent dans les quartiers Nord de la cité phocéenne.

Ces voitures banalisées sont en général des modèles pas assez récents pour avoir des plaques selon le nouveau SIV, le système d’immatriculation nouvelle vague (modèle AA-123-BB), créé pour faciliter la détection automatique des voitures grâce aux caméras de surveillance. Dommage collatéral: le SIV est trop proche du modèle italien.

Les déclarations du maire de Nice Christian Estrosi, en service commandé par l’Elysée pour répandre un peu de braise sécuritaire au coeur de l’été, ont été aussitôt prises au vol par certains maires PS, bien qu’écartelés entre « tenants » et « timides » du vidéoflicage. C’est particulièrement le cas à Lille, la ville de la première secrétaire Martine Aubry, accusée de «laxiste» par Estrosi. A Lille, il n’y a pas de  vidéosurveillance «dans la rue», mais un reportage de France 3 nous dit que tout va bien : 6.000 caméras sont déjà à l’œuvre, dont les trois-quart aux abords de bâtiments publics. «Que le ministre se rassure, [à Lille] on est quand même filmé une bonne partie de la journée…» (France 3).

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(Mise à jour en fin d’article) En écho à nos précédents grincements sur l’arrogance publicitaire du géant des sucreries Ferrero, voilà que son produit phare est présenté dans un documentaire d’Arte comme un poison en puissance. Pour le coup, c’est plutôt une très mauvaise pub. L’office allemand de l’environnement a décelé dans des pots de Nutella d’étranges traces de diethylhexyl phtalate (DEHP). Ce sous-produit du plastoc peut encore être utilisé dans les emballages alimentaires, alors qu’il est interdit — bonjour le paradoxe — dans l’industrie du jouet! Le doc d’Arte — L’emballage qui tue, rediffusion les 6 et 17 août — n’a reccueilli qu’une pâle réaction de Ferrero, qui reconnait la présence de DEHP, «mais en quantité inoffensive selon elle».

Pourtant, les « réceptions de l’Ambassadeur » si chères à Ferrero ont perdu de leur superbe… Car ces produits chimiques — déjà dénoncées en cosmétique — sont de véritables leurres hormonaux, et comme le Bisphenol-A disséminé dans les tétines de biberons (produit pas encore complètement interdit en France…), ils dérèglent le système hormonal, menace particulièrement sensible chez les enfants. Au Danemark des études ont montré, depuis plus de six ans, que cela pouvait augmenter les risques de stérilité chez l’homme. Tiens, une bonne tartine! Bon appétit mon garçon! (suite…)

[UPDATED 17/08] — Mais qu’a donc à se reprocher la République française en Haïti? Quelques trublions activistes ont touché une corde sensible. Ils ont simulé une repentance diplomatique de la France vis à vis de cette île déshéritée des Caraïbes, l’une de ses anciennes colonies, la première à quitter le giron français en 1804. Ce groupe s’est baptisé « CRIME » — «Comité pour le Remboursement Immédiat des Milliards Envolés» —, et se bat pour que Haïti, ravagé par un séisme en janvier 2010, récupère la « dette coloniale » qu’elle a du payer à la France comme gage d’indépendance.

Comme on peut le lire en détail sur HNS Infos, les activistes ont monté, façon Yes Men, un beau site internet pastiche de celui du ministère des Affaires étrangères (www.diplomatiegov.info). Et le 14 juillet, ils ont bidonné une déclaration officielle qui affirme que la France va rembourser 21 milliards de dollars US (17 Md€), soit «la somme, majorée d’intérêts de 5%, que le petit pays antillais a versée à l’ancien colonisateur de 1825 à 1952 en échange de son indépendance». Depuis que la nouvelle s’est ébruitée, fini de rire. Menaces de procès, intimidations, harcellement téléphonique… On ne joue pas ainsi avec l’image de la France! (suite…)