Archives de septembre, 2010

C’est un jeu de pistes, organisé par Souriez vous êtes filmés le 11 septembre dernier à Paris, qui nous a mené jusqu’aux vitres fumées de la Hadopi, sise au 4 de la rue du Texel (Paris 14ème). La « Haute autorité pour la dissimulation des opérations de propagande sur internet » — ou quelque chose dans le genre… — est sous les feux de la rampe. Elle s’apprête à envoyer ses premières missives de menaces aux vilains pirates. Si de mauvais joueurs pensent déjà à saturer le futur site internet hadopi.fr et les boîtes mail de l’institution, la boite aux lettres du siège, situé dans un discret bâtiment près de la place de Catalogne, attend vos lettres enflammées avec impatience (« publicité, oui merci »: véridique).

Alors oui, le jeu de pistes était destiné à découvrir les futures caméras de surveillance de la capitale. Mais quel rapport entre la Hadopi et la vidéosurveillance? Réponse: Mireille Imbert-Quaretta, présidente de la commission de « protection des droits » de la Hadopi, et aussi membre d’un funeste «comité d’éthique de la vidéoprotection», créé à Paris en 2009 pour faire accepter la présence des caméras.  (suite…)

La révolution numérique contamine enfin le merveilleux monde des poupées Barbie! La nouvelle killer-app du groupe Mattel, Barbie Video Girl, est une vraie poupée-caméra. Elle ne filme pas encore en HD (résolution très limitée: 320 x 240 pixels), mais elle est vendue avec un logiciel de montage — et surtout, elle peut servir de webcam. En 2009, les nouveautés laissaient un goût de déjà vu (Barbie Princesse Mousquetaire, Barbie jolie mariée, Barbie promène son chien, Barbie dans sa résidence secondaire…). Mais cette année, Mattel sort la grosse artillerie pour niquer la méchante Bratz, la grande rivale créée par un ex-cadre de Mattel en 2001. Un groupe qui ne perd pas le Nord, puisque son autre filiale Ficher Price met le paquet sur une sorte d’objet hybride entre une console DS et un iPhone, histoire d’accoutumer les tous petits à faire-comme-papa-maman le plus tôt possible — Fisher Price est dédié aux moins de 6 ans!

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L’émission Là-bas si j’y suis de Daniel Mermet sur France Inter était à Dunkerque (émission du jeudi 9/9) pour évoquer les faits d’armes d’une entreprise hautement citoyenne, Eamus Cork Solutions. Sortie de l’anonymat grâce aux limiers du Plan B (lire notre billet), cette société a décroché un gros marché avec les autorités française et britannique pour aller renifler dans les camions en instance vers l’Angleterre afin de repérer des migrants en détresse qui tentent de passer la Manche. Excellente occasion de narrer une nouvelle fois les aventures du patron de la boite, Patrick Guerbette, ex-flic des RG et écrivain illuminé à ses heures perdues, qui met en avant ses valeurs «éthiques» et son «humanisme» sur sa vitrine internet. Heureusement, le reporter Julien Brygo est allé traîner son micro dans les entrepôts de la compagnie, et recueilli les témoignages de salariés qui dressent un tout autre portrait de leur travail «humaniste».

nb: le reportage démarre à 12’43

En arrivant au pouvoir en Grande-Bretagne, la nouvelle coalition libérale l’avait juré craché: « fini la société de surveillance ». Pour faire un exemple, le vice-Prime Minister Nick Clegg a décidé de sacrifier Contact Point (wikipedia), une sorte de « casier social » des mineurs contenant 11 millions de dossiers (enfants de zéro à 18 ans – limité à l’Angleterre et au Pays-de-Galles).

Le système a, parait-il, été débranché début août. Mais bon, comme la Grande-Bretagne est un pays moderne on ne va pas retourner aux fiches en carton. A l’occasion d’un récent panorama des casiers scolaires en Europe écrit pour Owni.fr, j’ai discuté avec Terri Dowty, le directeur de l’ONG Action on Rights for Children (ARCH) et membre de Privacy International. Il m’a mis sur la piste d’un fichier « bis »: «National eCAF». Les Anglais ont trouvé la parade au problème du consentement des parents : à partir de 12 ans, l’enfant seul peut donner son accord à être catalogué…

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«Rien n’est plus beau qu’un rassemblement populaire, des gens qui y croient, qui se battent et qui veillent, qui ne sont pas dans les salons et qui disent la vérité. Je trouve ça très beau.»

Ainsi s’est émerveillé le photographe mondain François-Marie Banier en se noyant dans la masse pendant la manif du 7 septembre à Paris. Le héros tragédien de l’affaire Bettancourt est accusé d’avoir détroussé l’héritière de L’Oréal d’un bon paquet de millions (résumé de l’affaire en cours et dernier scoop de Mediapart). Ce 7 septembre, il est venu respirer la France d’en bas avec son solex, son boitier Nikon et ses fringues déchirées. Surréaliste. [MIS A JOUR: les photos en or de Môsieu Banier] (suite…)

UPDATE Vol groupés européens? Reportage de Pascale Pascariello à Roissy (Arte Radio, 14 sept)

Les étrangers en situation irrégulière vont à nouveau bénéficier du nec plus ultra technologique pour regagner leurs pays d’origine. Déjà une armada de systèmes biométriques et de bases de données les soigne au plus près, qu’ils soient demandeurs d’asile, titulaires d’un visa de séjour ou simples réfugiés en détresse. Ce nouveau fichier sera géré directement par FRONTEX, l’agence européenne des «frontières extérieures». Objectif: organiser des charters groupés et communs entre plusieurs pays de l’Union. En euro-novlangue, ça se nomme «opérations conjointes de retour par voie aérienne», ou JRO pour Joint Return Operations.

A priori, cet instrument concerne surtout les citoyens de pays tiers (hors UE) et n’est donc pas destiné aux Rroms que l’on expulse en masse de France — des Roumais et Bulgares en majorité, donc des citoyens de l’UE. Mais ça pourrait très vite le devenir, grâce à une Sainte alliance entre la France et l’Italie.

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