Archives de octobre, 2010

Paris, 16 octobre (reuters)

C’est en effet la question cruciale qui nous brûle les lèvres après dix jours de spéculations, de démentis puis d’éléments probants visant à accréditer la thèse de la présence d’agents provocateurs de la police au sein des manifestations. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer le rôle de policiers en civil « infiltrés » — officiellement pour repérer les « ultras » qui se mèleraient aux manifs pour casser du flic et des vitrines. Non, cette fois la question est plutôt de savoir si ces « infiltrés » ne jouent pas un double jeu au point de provoquer les affrontements.

Bernard Thibault (dans Libération mercredi) et Jean-Luc Mélanchon un peu plus tôt (rebelote mardi) ont repris ces accusations cette semaine. Mais surprise : le ministre Hortefeux ne veut pas porter plainte en diffamation. Pourtant le même premier flic de France a été moins timide cet été — sans que ça fasse la Une — en assignant deux sites internet qui avaient eu la facheuse idée de contredire la version officielle. C’était suite à l’affaire du braquage du casino d’Uriage, dans l’Isère, et de la révolte qui s’en est suivi dans un quartier populaire du sud de Grenoble. (suite…)

C’était le 22 septembre 2006, lors du 2ème festival du Film grolandais de Quend-Plage-Les-Pins, dans la Somme. Eric Martin et Pierre Carles présentaient en avant première une ébauche de « Choron, Dernière », qui allait finalement sortir au cinéma en janvier 2009. Dans l’unique salle de Quend, Carles n’a pas pu rater au 3ème rang l’ex-directeur des programmes de Canal Plus, Alain de Greef, en poste en 1995/96 lorsque son film, « Pas vu pas pris », commandé par la chaîne, a été trappé après de vaines tentatives de le censurer et de l’édulcorer. On comprend mieux pourquoi, dix ans plus tard, Pierre Carles ne peut s’empêcher de foncer dans le tas d’une partie du gratin de Canal qui parrainait le (désormais défunt) festival de Groland. « Pas vu pas pris » a toujours eu un goût d’inachevé.

Carles s’est toujours dit qu’il tournerai la suite, un jour… Et puis voilà donc « Fin de concession », qui sortira le 27 octobre dans seulement 7 salles (Paris, Nantes, Grenoble, Nice, Poitiers, Bayonne, Caen et St-Ouen-L’Aumone…). (suite…)

(source: aid97400.lautre.net)

[UPDATE 20/10] «Garde à vue à la française : ça sent le sapin…», comme l’a résume joyeusement le Syndicat de la magistrature le 14 octobre. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) venait de sanctionner la France pour les conditions peu démocratiques des gardes à vue. Et la Cour de Cassation, le 19 octobre, vient d’en rajouter une couche.

La CEDH, dans son arrêt Brusco c. France, dont la saisine date de juin 1999, énonce clairement (§45): «La Cour rappelle également que la personne placée en garde à vue a le droit d’être assistée d’un avocat dès le début de cette mesure ainsi que pendant les interrogatoires, et ce a fortiori lorsqu’elle n’a pas été informée par les autorités de son droit de se taire». Humiliation supplémentaire: pour condamner la France, la CEDH cite 3 arrêts précédents, impliquant… la Turquie, en 2008, 2009 et 2010. En mars dernier, la même CEDH, dans son arrêt dit « Medvedyev », avait épinglé la justice française sur la question du statut du parquet, dont la fausse indépendance vis à vis du pouvoir n’en faisait pas, mais pas du tout, une «autorité judiciaire» au sens propre du terme.
-> Lire l’arrêt complet de la CEDH du 14/10 et explication de texte (.pdf) de la CEDH. En juillet dernier, le Conseil constitutionnel avait déjà mis son grain de sel.
-> Lire le communiqué de la Cour de Cass’ sur les 3 arrêts du 19/10 sanctionnant les pratiques de la Chancellerie.
-> La « contre-circulaire » du SM, qui demande à ce que les dispositions s’appliquent maintenant (avant le délai fixé par la CC, 1er juillet 2011).

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Ceux qui se plaisent à mettre en avant les «effets positifs» de l’empire colonial français chercheraient-ils à créer une nationalité à deux vitesses dans ses territoires d’outre-mer?

La question s’est posée au détour de l’examen de la loi Besson sur l’immigration, qui a éclipsé celui sur la LOPPSI-2 (reporté à la mi-novembre) en ce mois d’octobre. Un projet qui laisse libre cours aux idées nauséabondes des députés de la majorité. Au point que le ministre Besson, comme le rapporteur du texte à l’Assemblée, Thierry Mariani (un expert: c’est l’homme des « tests ADN » de la précédente réforme en 2007/08…), ont du siffler la fin de la récré devant des propositions si radicales. L’idée de Douillet serait de créer des maternités extraterritoriales en Guyane et à Mayotte… Pour qu’un enfant de clandestins ne soit pas automatiquement français à sa naissance. «Votre hôpital extraterritorial, l’a recadré Christine Taubira, députée de la Guyane, ce serait en fait un centre de rétention administrative à l’hôpital… Merci pour l’innovation !»

UPDATE 15/10 – En Guyane pas de pitié pour les étrangers maladesMerci M. Mariani.

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La nième loi sur la sécurité intérieure (LOPPSI-2), dont l’examen en 2ème lecture à l’Assemblée a été repoussé à la mi-novembre, fait un beau cadeau aux entreprises privées de sécurité. Ce n’est pas une surprise, mais l’objectif numéro un des restrictions budgétaires dans la sécurité publique est de multiplier le recours aux technologies, sans aucun gage d’efficacité, tout en ouvrant un boulevard aux big boss de l’industrie sécuritaire.

Apparu en séance le 9 septembre au Sénat, un amendement du gouvernement (387 rectifié) a créé le CNAPS, le «Conseil national des activités privées de sécurité». Et c’est Brice Hortefeux qui l’annonce aux Sénateurs, sans se cacher: «Je vous le précise, c’est à la demande des entreprises elles-mêmes que nous formulons cette proposition, qui va, me semble-t-il, dans le bon sens.» En attendant, le porte-flingue de l’UMP Eric Ciotti a déjà proposé des amendements que lui ont été soufflé par les principaux lobbies du secteur, comme le Syndicat national des entreprises de sécurité (SNES), une branche du MEDEF. (suite…)