Archives de novembre, 2010

Une équipe de Bakchich TV était présente mercredi soir pour accompagner une action pacifique dans le métro parisien (tout comme Bastamag et bien d’autres). But de l’action: informer les passagers sur ces fameux écrans géants qui pullulent depuis quelques mois en quête de « bouts de cerveaux disponibles ». Autocollants, peintures et marqueurs ont été utilisés pour attendre une quinzaine de stations et près de 120 panneaux (soir un tiers du parc actuellement installé…). La RATP prévoit d’en disséminer plus d’un millier d’ici quelques mois. Cela fait des années que ces écrans sont dénoncés par des associations, des anti-pub aux anti-Big Brother, pour leurs capacités à capter encore plus l’attention des voyageurs tout en traquant leurs comportements. (suite…)

Jusqu'ici n°2 (clic pour PDF)

Le dernier numéro du bulletin Jusqu’ici (n°2) nous rappelle à quel point les manifestants sont toujours de très bons cobayes pour tester de nouvelles armes de maintien de l’ordre.

Nous évoquions l’an dernier, aux Etats-Unis, les camions anti-émeutes et leurs canons acoustiques qui donnent la nausée, testés en Irak et à Gaza, puis employés à grande échelle lors du contre-sommet du G20 de Pittsburgh — comme lors du coup d’Etat au Honduras en septembre 2009. Ces armes sont appelées « non létales » ou, dans une novlangue plus douce, « à létalité réduite » . Après le pistolet à impulsion électrique et le flash-ball, trop has been, une autre petite merveille du maintien de l’ordre high-tech est expérimenté discrètement au gré des conflits sociaux depuis 2006. La France n’a pas encore de canons LRAD qui font gerber. Elle préfère les « grenades assourdissantes ». Des armes qui ne sont pas conçues pour tuer, mais qui peuvent mutiler sans fioritures. (suite…)

source: Arrêt sur image

"Cela ne fait que commencer..." (Guardian, 11 nov)

«En Angleterre, quand il y a une manifestation, tout le monde s’en aperçoit.» C’est à peu près ce qu’aurait pu déclarer David Cameron, le « Thatcher Soft » qui dirige la Grande-Bretagne depuis le printemps dernier. En effet, les Anglais ne font pas de manif tous les jours, mais quand ils y vont, ça déménage. Imaginez le siège de l’UMP, rue La Boétie, envahie et attaquée par une cohorte d’étudiants qui pénètrent dans le hall en explosant la baie vitrée.

C’est ce qui s’est passé mercredi dernier à la tour Millbank, où le Parti conservateur a ses bureaux. Les étudiants viennent d’apprendre que les restrictions budgétaires qui vont toucher l’éducation (« education cuts ») entraîneront le triplement des frais d’inscription à l’université, pour atteindre jusqu’à 7.000£ par an (9000€). Alors que Nick Glegg, le vice-Premier ministre, avait promis le contraire, et voulait même les abolir! C’est ce même Clegg qui a promis d’en «finir avec la société de surveillance»

images publiées par london.indymedia – voir aussi cette vidéo de Russia Today

Villiers-sur-Marne, 2009 (arte.tv)

La question de la délinquance des jeunes fait à nouveau l’objet d’une vaste opération de com’ qui n’est pas sans rappeler la triste année 2005, qui se terminera par une série d’émeutes dans tout le pays. A cette époque, un député de l’UMP, Jacques-Alain Benisti, sortait de l’anonymat avec un rapport devenu fameux qui préconisait pour la première fois la « détection précoce » des enfants turbulents pour leur éviter la case prison dans leur adolescence. C’est cette même année que l’Inserm, l’institut public de recherche médicale, publiait une « revue d’études » sur la question, en prenant le partie de traiter la question là aussi sous l’angle « prédictif ».

Le 14 octobre 2010, le gouvernement organisait les premières « Assises de la prévention de la délinquance juvénile » (sic). Le 4 novembre,  Jean-Marie Bockel, le sous-ministre à la Justice, sortait un nième rapport sur la question. Comme par hasard, aujourd’hui même 10 novembre, Bockel doit faire mousser son « rapport » à Villiers sur Marne, fief de Bénisti… Pour régler la question « jeunes », les vieilles ritournelles prennent toujours le dessus. Voici quelques notes discordantes et deux documentaires à ne pas manquer.

(suite…)

Me Aristide, en octobre devant le TGI de Pointe-à-Pitre (source UGTG)

C’est dans l’indifférence quasi-générale qu’une avocate guadeloupéenne, Sarah Aristide, a dénoncé, dans une lettre ouverte à Brice Hortefeux datée du 11 octobre, les pratiques inquisitrices et manifestement «illégales» de la Police aux frontières (PAF) de Guadeloupe. Pourtant, l’actualité est propice, en ce moment, à mettre son nez dans les fichiers policiers clandestins à visée ethnique — sorte de fichage au faciès.

Prenez par exemple le fichier « MENS » de la gendarmerie, visant à mots couverts les populations tsiganes et révélé par Le Monde et Rue89, preuves à l’appui. Un fichier qui n’a, bien sûr, jamais existé selon les autorités, non contredites par la CNIL. Prenez aussi cette autre base de données de la police des transports de la région PACA, révélée par le quotidien La Marseillaise, qui proposait de classer les contrevenants selon sept types de faciès ethniques. Dommage que les accusations de Me Aristide n’aient pas eu autant d’écho… Surtout que la PAF n’en est pas à son coup d’essai.  (suite…)

Images Jet Lambda // Musique John Williams (Jaws, 1975) (suite…)