«Pour réduire la fraude, le premier impératif me paraît être la sensibilisation des acteurs des prestations sociales (…). Cette culture du contrôle, de la sanction, du ciblage, que l’on connaît dans l’administration fiscale, doit se répandre chez les prestataires sociaux.

«Cette révolution culturelle me semble bien partie. Dès le moment où les acteurs des prestations sociales – qui sont les seuls à maîtriser l’information – arriveront à détecter précocement les fraudes, nous pourrons avoir une action beaucoup plus pertinente, y compris sur le plan judiciaire.»

Non, raté. Celui qui parle ainsi n’est pas Xavier Bertrand, ni même l’un des soldats du groupe Droite populaire comme Thierry Mariani, en verve cet été en pour relancer l’idée de la traque aux « fraudeurs sociaux ». […]

Texte tiré du n°5 de la Revue Z qui accompagne une cartographie inédite des fichiers administratifs français (Data: J. Thorel (Privacy France) / conception graphique: Bureau d’études).

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Les « fauteurs de trouble » qui sévissent lors des principaux sommets internationaux font l’objet d’une attention toute particulière de la part des vénérables institutions de l’Union européenne. Il y a quelques mois, avant le sommet du G8 de Deauville, j’avais eu l’occasion de raconter comment les pays membres, via le Conseil des ministres et ses différents groupes d’experts policiers, entendaient créer une base de données croisée pour cibler les troublemakers habitués aux rassemblements anticapitalistes. Statewatch, ONG britannique en pointe sur ce dossier, révèle aujourd’hui un autre volet de cette coopération policière. (…)

Si les fichiers policiers ont le vent en poupe, le recours aux méthodes plus traditionnelles de répression policière restent encore d’actualité. C’est l’objet d’une autre analyse passionnante de Statewatch, livrée en février dernier (document PDF en anglais), sur des commandos de flics infiltrés pour surveiller ce qui est appelé ouvertement les « euro-anarchistes ».

Depuis 2007 le gouvernement multiplie les mesures paternalistes et autoritaires pour éradiquer la délinquance. Le texte le plus exemplaire est celui de mars 2007, la loi de prévention de la délinquance (LPD), que Sarkozy a mis près de 5 ans à mijoter, dès son entrée en fonction au ministère de l’Intérieur en mai 2002. Plus de quatre ans après le vote de ce texte, c’est le cafouillage total. Le mouvement Antidélation, un réseau de travailleurs sociaux qui s’est battu contre ce texte tout au long de sa gestation, a dénoncé fin juillet les faux semblants des mesures de la LPD.

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Les gesticulations politiques de David Cameron sont pathétiques. Le Prime Minister de Sa Majesté trouve donc que les soulèvements qui éclatent dans les principales villes britanniques depuis quelques jours, suite à la mort d’un jeune londonien sous les balles de la police, ont quelque chose à voir avec les réseaux sociaux et les textos échangés par Blackberry. Cette stupide déclaration de Cameron, la voici:

Nous travaillons avec la police, les services de renseignements (sic) et les industriels, à chercher s’il serait envisageable d’empêcher les gens de communiquer avec ces sites web (resic) et ces services lorsque nous savons qu’ils préparent des actes de violence, du désordre et du crime.

Stupide, car elle reprend quasiment les mêmes termes employés il y a tout juste un an, en aout 2010, par le très démocratique gouvernement de Sa Majesté… saoudienne.

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Ztohoven — autre mot à double sens, les 100 merdes et sortir de là —, est un groupe de perturbateurs artistiques qui sont plutôt connus, depuis près de 10 ans, pour détourner les symboles dans l’espace public physique. Avec Občan K, ils ont sauté à pieds joints dans le grand merdier numérique. (…)

Travailler sur la signification de l’identité, pour ces jeunes qui sont tous nés pendant le régime communiste — ils ont entre 25 et 35 ans — est une nécessité historique. Ils rappèlent que la première občanka de l’histoire tchèque date de 1941, sous l’occupation d’Hitler — la nation tchécoslovaque n’ayant vécu qu’une petite vingtaine d’années sous un régime de démocratie parlementaire (1918-38), avant de se faire envahir par le 3ème Reich.

L’občanka biométrique tchèque — qui ressemble parfaitement à celle mise en place en 1994 en France par Charles Pasqua… — est biométrique par le seul visage numérique. Jouons donc avec ce visage, décident en choeur les Ztohoven après l’épisode Média Realité. Ils vont donc parvenir à obtenir, tout à fait légalement, 12 cartes d’identité officielles mais totalement imaginaires. La photo qu’ils ont fourni aux autorités pour la fabriquer est la clé de la supercherie. Cette photo est le résultat d’un parfait morphing — réalisé sur PC avec un logiciel en vente libre.

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/ Tiré du ZELIUM n°5 – en kiosque le 18 juin /

L’affaire Drake, c’est un peu le premier procès du 11 septembre, presque 10 ans après…

Le 13 juin 2011, la cour de district de Baltimore, dans l’Est des États-Unis, a ouvert une audience un peu spéciale. Thomas Drake, 54 ans, est accusé de trahison. Cet « ennemi de l’État » est inculpé pour « divulgation non autorisée », « obstruction à la justice » et « mensonge à agents fédéraux ». Il risque 35 ans de taule.

Cet ancien analyste de la NSA (National Security Agency — No Such Agency, « elle n’existe pas », disent ses détracteurs — l’énorme centrale d’écoute mondiale étasunienne, pilier du renseignement électronique) est tout simplement accusé d’avoir parlé à la presse. Une journaliste du Baltimore Sun.

Ironie de l’histoire : Drake, auparavant intervenant extérieur, a été embauché à la NSA à temps plein un beau matin de septembre 2001. Le 11, exactement. Véridique, affirmait l’hebdo The New Yorker, dans une longue et passionnante enquête parue le 16 mai dernier.

Drake n’a pas supporté de découvrir que la NSA avait détourné un logiciel ultra-sophistiqué, développé en interne à la NSA, pour surveiller en masse tous les citoyens américains. Car la NSA a vocation à écouter le monde entier, mais pas les Américains. Dès qu’un citoyen US est pris dans les mailles du filet, le contenu de l’interception doit être détruite… Écouter le monde, ça va. Mais un bouseux du Wisconsin en vacances au Mexique, c’est contraire à la Constitution… C’est ça, la démocratie yankee. […]

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Ça fait toujours un petit quelque chose de retourner devant son ancien bahut. Pour le coup, le pincement au cœur a vite laissé place à une drôle de nausée. Sur le trottoir, une tente noire arnachée à un camion annonce la couleur. Référence au 27 septembre 2010, quand les profs et les élèves du lycée Emmanuel Mounier, que j’ai rencontré il y a quelques semaines devant un bâtiment décoré de banderoles vachardes, se prenaient une belle douche froide.

La région Rhône-Alpes, par la voix de son président socialo Jean-Jacques Queyranne, annonce alors que le bahut devra fermer neuf mois plus tard, c’est à dire dans quelques jours, fin juin 2011. Entre-temps, Queyranne a du faire marche arrière. Les cours sont maintenus mais les effectifs sont finalement amputés d’un tiers, alors qu’il y a quelques mois le lycée devait en perdre la moitié. Ci-dessous, une belle manœuvre d’auto-satisfaction, une plaquette éditée par la région début juin, dans laquelle elle claironne avoir maintenu l’activité — sans jamais mentionner sa volonté de fermer le rideau neuf mois plus tôt… Pendant ce temps, le corps enseignant bataille ferme, des derniers jours, pour « recruter » un maximum d’élèves de 3ème. « A Grenoble il y a encore beaucoup de gens qui pensent que le lycée ferme en juin ! », nous dit l’un des profs. […]

Depuis l’annonce de la fermeture fin septembre 2010, les élèves, parents, profs et personnels se sont mobilisés. Après un premier campement organisé devant le lycée en novembre, un deuxième s’installe en janvier 2011, autour d’un camion, d’armatures en bois et de toiles de tente. Sur le murs, des slogans partout. Pas mal à l’adresse du président de région. Nous arrivons le jour du démontage, décidé en AG après que le collectif ait obtenu une ultime concession: des classes de secondes seront assurées à la rentrée 2011. Un compromis qui laisse planer d’autres doutes sur l’avenir du lycée…
[écoutez le docu en 3 parties thématiques sur Reflets.info]