Articles Tagués ‘arnarque’

(CC) BySa La Quadrature du Net

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Fin de l’Acte 3 pour l’ignoble LOPPSI, qui est passée en 2ème lecture à l’Assemblée la semaine dernière (voilà le texte validé par les députés). Il y en a pour tous les goûts: le filtrage administratif du Net en zappant monsieur le juge, qui va même profiter aux trafiquants d’images pédophiles, maintien de l’article 32 ter-A sur la répression des habitats précaires, ainsi que toutes les autres dispositions relatives au vidéoflicage, aux fichiers policiers ou aux perquises électroniques (mouchards déposés sur les ordinateurs de suspects, à leur insu), sans oublier le dépistage obligatoire du VIH en cas d’agression sur un policier… Sans surprise, les députés membres de la CNIL ont voté pour le texte. Un nouvel article, le 30 ter, a été édulcoré au dernier moment: il visait à lancer des enquêtes de moralité sur des personnes qui usent de leur droit d’accès aux données publiques…

Curiosité: l’article 2 fait entrer l’«usurpation d’identité» dans le code pénal. De l’escroquerie aux atteintes à la réputation. Par ricochet, cela pourra aussi servir à coincer ceux qui changent d’adresse IP pour contourner la loi Hadopi… Mais pour laver la réputation d’une administration, outragée par un canular à la Yes Men, c’est pas encore au point… Retour sur l’affaire du faux repenti du 14 juillet qui remue de vieilles histoires entre la France et Haiti…

(suite…)

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[UPDATED 17/08] — Mais qu’a donc à se reprocher la République française en Haïti? Quelques trublions activistes ont touché une corde sensible. Ils ont simulé une repentance diplomatique de la France vis à vis de cette île déshéritée des Caraïbes, l’une de ses anciennes colonies, la première à quitter le giron français en 1804. Ce groupe s’est baptisé « CRIME » — «Comité pour le Remboursement Immédiat des Milliards Envolés» —, et se bat pour que Haïti, ravagé par un séisme en janvier 2010, récupère la « dette coloniale » qu’elle a du payer à la France comme gage d’indépendance.

Comme on peut le lire en détail sur HNS Infos, les activistes ont monté, façon Yes Men, un beau site internet pastiche de celui du ministère des Affaires étrangères (www.diplomatiegov.info). Et le 14 juillet, ils ont bidonné une déclaration officielle qui affirme que la France va rembourser 21 milliards de dollars US (17 Md€), soit «la somme, majorée d’intérêts de 5%, que le petit pays antillais a versée à l’ancien colonisateur de 1825 à 1952 en échange de son indépendance». Depuis que la nouvelle s’est ébruitée, fini de rire. Menaces de procès, intimidations, harcellement téléphonique… On ne joue pas ainsi avec l’image de la France! (suite…)

«Ainsi, en l’état actuel des données, relier directement l’installation de la vidéosurveillance et la baisse de la délinquance est pour le moins hasardeux. Si l’on compare, par exemple, l’évolution de la délinquance de voie publique entre Lyon, qui a fortement investi dans ce domaine, et Villeurbanne, où la commune n’a pas souhaité s’y engager, on observe que la baisse est la plus forte dans la commune qui ne bénéficie d’aucune caméra de voie publique».

Les réfractaires au videomirage

A Lyon aussi les caméras font « bing ». Pas pour la même raison qu’à Grenoble. Ce constat est extrait d’un rapport de la Cour des comptes de la région Rhone-Alpes sur la sécurité publique à Lyon depuis 2003. La guerre des mots autour de l’efficacité de la vidéosurveillance a déjà été maintes fois exposé ici. Déjà le fameux vrai-faux rapport d’impact qui avait fuité dans Le Figaro nous a bien chauffé les oreilles. Et ils y croient encore, au Figaro (cf leur carte des «villes encore réfractaires» ci-contre).

Comme on ne va pas se répéter, lire au sujet du fiasco lyonnais l’analyse de Laurent Mucchielli (12/7) et le billet de Bug Brother (28/7).

La chaîne « éducative » France 5 a pris l’initiative, toute seule dans son coin parait-il, de proposer à son jeune public un dessin animé fort instructif, comme l’ont écrit les sites d’infos Owni et Ecrans.fr. Profitez-en, il n’est plus en ligne depuis aujourd’hui:

En 2006, le gouvernement, alors en pleine campagne de promotion de la loi DADVSI (aux mêmes finalités que la loi HADOPI que l’on connaît aujourd’hui), avait pris les choses en main. Sans laisser le sale boulot de la vulgarisation du « piratage » à une chaîne de télé publique. Dans une vidéo fameuse, il employait un ton autrement plus percutant en comparant les méchants pirates du Net à une invasion de sauterelles tueuses. Brrrrrr…

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Mardi 23 février avait lieu à Paris — dans la cossue Maison de la Chimie, et non à la Villette comme prévu initialement — le « débat de clôture » de la CPDP sur les nanotechnologies. Les dernières réunions ont été soit annulées, soit recluses dans de discrets bunkers, le tout filmé pour être diffusé sur internet.

Ce soir-là, c’était sur invitation, dans le quartier des ministères (rue Saint Dominique), avec devant la porte deux fourgons de CRS, vigiles et filtrages à l’entrée. Quelques jours avant, les organisateurs de cette mascarade « démocratique » (des prestataires privés comme I&E Consultants) ont été pris la main dans le pot de confiture, en train de constituer des petits dossiers, photos en couleurs à l’appui, pour identifier et refouler les « perturbateurs ». De leur côté, ces mêmes perturbateurs animaient un « autre débat public », près de la Villette justement, et préparaient deux actions pour le lendemain dont l’une au siège de Thalès (ou TaLaisse, au choix) . «Nous avons saboté la campagne de promotion de la CNDP, et nous n’en resterons pas là !» (suite…)

Lire nos derniers papiers sur le sujet

[UpdateFin de partie! Les 3 derniers débats —Nantes le 9, Montpellier le 16 et Paris le 23— sont annulés!]

Nous recevons des nouvelles du dernier barnum organisé par la Commission du débat public (CNDP) sur les nanotechs, qui se déroulait à Orsay, le 26 janvier, et qui a été purement et simplement annulé. C’est là que doit s’installer le futur « pôle » Nan’Innov. Ce 26 janvier, il devait s’agir de causer « convergences NBIC ». De quoi? NBIC: nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives. Tiens donc, c’était le sujet de notre billet d’hier sur la neuropolice.

Bref, après Grenoble, Lyon et Marseille: débat annulé. Ou plutôt débat «transféré» sur internet. Raison invoqué: des «dégradations» qui ont eu lieu avant le meeting. En fait: de simples tags… On se serait trompé de bombes? Pour donner leur visioconférence, l’armada d’experts et de technocrates se sont réfugiés dans un hôtel Novotel, «perdu en pleine zone industrielle de Massy-Palaiseau», indiquent des témoins (gênants). «Sur les coups de 20h, ces derniers entrent dans l’hôtel [et] en plus des quelques vigiles, c’est une puis deux équipes de la BAC qui déboulent dans le hall prêt à intervenir, plus tard un fourgon les rejoindra, au total plus d’une vingtaine de flics quadrillent la salle du débat. (…) Un petit conseil aux camarades de Montpellier et Nantes (prochaines villes étapes du débat pipeau), surveiller les Novotels du coin, la CNDP aime s’y réfugier…»

Prochain rdv parisien: Le « débat final » à la Vilette, mardi 23 février, est donc annulé.

Maxibordel à Alpexpo (cliquez pour en voir plus - source: grenoble.indymedia.org)

Droit de suite. Les réunions organisées partout en France par la Commission nationale du débat public (CNDP) sur les nanotechnologies montrent leur vrai visage. Non seulement les organisateurs osent parler de « débats » sur des questions déjà tranchées (cf notre billet du 16 octobre), mais ils émettent maintenant des sortes de « critères de conformité » pour le « public » désirant y participer.

A Grenoble, temple de la nanorecherche mais aussi haut-lieu de la contestation, la réunion du 1er décembre a tourné au fiasco. La solution? «Experts et public seront dans des salles séparées», a décidé le président de la CNDP, afin «d’assurer la sérénité des débats» (sic), mais aussi, tant qu’à faire, afin «d’élargir la participation» en retransmettant le débat en direct sur internet et en ouvrant un «numéro vert» (re-sic). Notez comment ces grands pros de la manip « vendent » leur revirement en prétextant «d’élargir la participation». Mais alors, pourquoi ne pas l’avoir fait dès le début?

Cette configuration de « débat virtuel » devait être inaugurée pour la réunion de Metz le 15 décembre. Mais à Caen, jeudi 10, tout était déjà en place: filtrage policier, séparation physique entre experts et manants, et signature obligatoire d’une «charte de bonne conduite» avant de pénétrer dans la salle…