Articles Tagués ‘éducation’

La Villeneuve, 16 juillet (source daubé)

Le 30 juillet le président Sarkozy en personne viendra à Grenoble non pas pour inaugurer un pôle high-tech ou une nouvelle patinoire olympique, mais pour introniser le nouveau préfet de l’Isère. L’ancien a été sacrifié après les récentes émeutes de la Villeneuve qui ont suivi la mort d’un jeune braqueur et le bouclage intégral du quartier par les robocops de la police française. La dernière livraison du site Pièces et main d’oeuvre (La Villeneuve, c’est la technopole), qui connaît bien la région, met en exergue une citation du maire Michel Destot piochée dans Le Monde: «Nous avons été les pionniers dans de nombreux domaines, nous pouvons désormais l’être dans le traitement de ce nouveau fléau qu’est celui de la délinquance urbaine».

Inquiétant de voir le premier édile de Grenoble, lui même ingénieur et docteur en physique nucléaire, vouloir utiliser ce quartier Sud de la ville comme un laboratoire. La Villeneuve, il se trouve que l’auteur de ces lignes y a passé une partie de son enfance, dans les années 70. Et le côté « expérimental » de ce quartier n’avait encore rien à voir avec un quelconque traitement scientifique de la délinquance. (suite…)

(crédit : totoche / cnrbe)

[Publié le 4/07, mise à jour le 19 — Le Conseil d’Etat a rendu son jugementanalyse du CNRBE et revue de presse.]

Le fichier Base élèves des écoles primaires, tout comme la Base nationale des identifiants élèves (BNIE), qui concerne plus de 13 millions d’individus, baignent dans la plus totale illégalité! Ce constat ressort d’une audience publique qui s’est déroulée mercredi 30 juin devant la section contentieuse du Conseil d’Etat [le tout confirmé par le jugement du 19 juillet]. Le «rapporteur public», selon le compte-rendu du collectif de résistance (CNRBE), a soulevé d’importantes irrégularités et réclamé que certaines données soient effacées!

Après les fessées infligées à la France, en juin 2009 et en mars 2010, par diverses instances des Nations Unies, les conclusions du rapporteur, un magistrat indépendant, sonnent comme une punition pour le ministère de l’Education. Certes, ces conclusions ne présagent en rien du jugement final, qui devrait être connu avant la fin du mois de juillet. Mais elles confortent, sur certains points fondamentaux, la position des opposants. (suite…)

Le principal du collège de Lédignan, dans le Gard, l’a mauvaise. Ce brave chef d’établissement s’est fait traîner devant le tribunal administratif par l’association des parents d’élèves. Et les parents ont gagné, en partie seulement. Ils contestaient tout simplement l’installation, au réfectoire il y a plus de deux ans, d’un système d’identification biométrique.Et malgré un verdict défavorable du 12 mai dernier, la borne est toujours en place au mois de juin… (suite…)

Le tatouage de la discordeUn simple dessin vient d’être à l’origine d’un blâme infligé à un enseignant du Vaucluse. Le dessin, le voilà — il fait partie d’une série de cartes postales de soutien au Collectif de résistance au fichier Base élèves (CNRBE). Le tatouage « INE », c’est une allusion à l‘«identifiant national élève», le numéro de matricule que reçoit chaque enfant dès son entrée dans le système scolaire. C’est donc une caricature. Pourtant, Colin Sanchez, professeur et directeur d’une petite école rurale du Vaucluse — l’école à classe unique Jean Moulin, de Saint Roman de Malegarde, entre Bolène et Vaison La Romaine — a écopé d’un blâme de son inspecteur d’académie. Pas seulement parce qu’il refuse mordicus de ficher ses élèves, mais parce qu’il a envoyé ce croquis critique dans un courrier électronique à un collègue. (suite…)

source: CNRBE

Marianne2.fr a consacré un article à base élèves, le fichier des enfants qui vient de coûter encore leur poste de direction à deux enseignants dans l’Isère. Le journaliste évoque très vite «l’autorité française chargée de veiller au respect de la vie privée en matière de fichiers informatiques, la CNIL», mais elle «n’a rien trouvé à redire et n’a pas souhaité y revenir». En clair: elle n’a pas répondu aux appels de Marianne. C’est vrai que la commission n’aime pas trop qu’on la titille sur la question. Mais en insistant un peu, elle répond. Plutôt à côté, mais elle répond.

En janvier 2010, le collectif anti-base élèves (CNRBE) a vertement critiqué un document de synthèse que la CNIL a publié sur son site web. Présenté comme un « mode d’emploi » (sic) sur Base élèves, ce document, silencieux sur des points cruciaux du dispositif, apporte un «soutien politique au ministère de l’éducation», affirme le CNRBE. Bref, la CNIL «perd le peu de crédibilité qu’il lui restait». Ce qui a passablement énervé son président Alex Türk. (suite…)

dsc02106Encore un fichier national dans les écoles élémentaires. Encore une fois justifié par la nécessaire «modernisation» des services et vendu avec «l’accord de la CNIL». Cette fois il catalogue les profs. Il fallait bien gérer les coupes de salaires pour «service non fait» des enseignants récalcitrants, grévistes ou refuseurs. Surveiller et punir, mais automatiquement.

Depuis mars 2010, l’application MOSART (MOdule de Saisie des Absences et Retenues sur Traitement) se répand sur quelques sites « pilotes » (dont les académies du Rhône, Pas de Calais et Bouches-du-Rhône apparemment) pour ensuite être imposé partout — même tactique que pour le déploiement du fichier Base élèves en 2005. Une directrice d’école remarque, comme avec Base élèves à ses débuts: «on nous a précisé que ce n’était pas obligatoire»... (suite…)

Saint Quentin Fallavier (38)En février 2009, parait sur le site internet de l’Académie de l’Isère une annonce un peu particulière. Il s’agit de trouver un enseignant volontaire pour un poste de directeur de l’école primaire Les Moines (6 classes) à Saint Quentin Fallavier, ce beau village situé entre Lyon et Bourgouin.

«La moitié de l’équipe est installée depuis longtemps», pouvait-on lire dans l’annonce. «Ces personnes ont une approche militante de l’école qui les conduit à prendre des positions de refus par rapport à certaines demandes institutionnelles (Base-élèves, évaluations nationales)». Principale mission du nouveau directeur? «Rétablir une loyauté institutionnelle dans cette école, tant dans les rapports avec l’administration qu’avec l’équipe pédagogique. Centrer l’action de l’école sur les priorités nationales.» Aussitôt connu, en pleine vague de désobéissance dans l’éducation, ce « poste a profil » fait fureur. L’annonce est alors republiée sans les mentions litigieuses (lire notre billet de février 2009). Cela vaudra à l’inspectrice d’académie (IA) une citation aux derniers Big Brother Awards. (suite…)