Articles Tagués ‘éducation’

Le tatouage de la discordeUn simple dessin vient d’être à l’origine d’un blâme infligé à un enseignant du Vaucluse. Le dessin, le voilà — il fait partie d’une série de cartes postales de soutien au Collectif de résistance au fichier Base élèves (CNRBE). Le tatouage « INE », c’est une allusion à l‘«identifiant national élève», le numéro de matricule que reçoit chaque enfant dès son entrée dans le système scolaire. C’est donc une caricature. Pourtant, Colin Sanchez, professeur et directeur d’une petite école rurale du Vaucluse — l’école à classe unique Jean Moulin, de Saint Roman de Malegarde, entre Bolène et Vaison La Romaine — a écopé d’un blâme de son inspecteur d’académie. Pas seulement parce qu’il refuse mordicus de ficher ses élèves, mais parce qu’il a envoyé ce croquis critique dans un courrier électronique à un collègue. (suite…)

source: CNRBE

Marianne2.fr a consacré un article à base élèves, le fichier des enfants qui vient de coûter encore leur poste de direction à deux enseignants dans l’Isère. Le journaliste évoque très vite «l’autorité française chargée de veiller au respect de la vie privée en matière de fichiers informatiques, la CNIL», mais elle «n’a rien trouvé à redire et n’a pas souhaité y revenir». En clair: elle n’a pas répondu aux appels de Marianne. C’est vrai que la commission n’aime pas trop qu’on la titille sur la question. Mais en insistant un peu, elle répond. Plutôt à côté, mais elle répond.

En janvier 2010, le collectif anti-base élèves (CNRBE) a vertement critiqué un document de synthèse que la CNIL a publié sur son site web. Présenté comme un « mode d’emploi » (sic) sur Base élèves, ce document, silencieux sur des points cruciaux du dispositif, apporte un «soutien politique au ministère de l’éducation», affirme le CNRBE. Bref, la CNIL «perd le peu de crédibilité qu’il lui restait». Ce qui a passablement énervé son président Alex Türk. (suite…)

dsc02106Encore un fichier national dans les écoles élémentaires. Encore une fois justifié par la nécessaire «modernisation» des services et vendu avec «l’accord de la CNIL». Cette fois il catalogue les profs. Il fallait bien gérer les coupes de salaires pour «service non fait» des enseignants récalcitrants, grévistes ou refuseurs. Surveiller et punir, mais automatiquement.

Depuis mars 2010, l’application MOSART (MOdule de Saisie des Absences et Retenues sur Traitement) se répand sur quelques sites « pilotes » (dont les académies du Rhône, Pas de Calais et Bouches-du-Rhône apparemment) pour ensuite être imposé partout — même tactique que pour le déploiement du fichier Base élèves en 2005. Une directrice d’école remarque, comme avec Base élèves à ses débuts: «on nous a précisé que ce n’était pas obligatoire»... (suite…)

Saint Quentin Fallavier (38)En février 2009, parait sur le site internet de l’Académie de l’Isère une annonce un peu particulière. Il s’agit de trouver un enseignant volontaire pour un poste de directeur de l’école primaire Les Moines (6 classes) à Saint Quentin Fallavier, ce beau village situé entre Lyon et Bourgouin.

«La moitié de l’équipe est installée depuis longtemps», pouvait-on lire dans l’annonce. «Ces personnes ont une approche militante de l’école qui les conduit à prendre des positions de refus par rapport à certaines demandes institutionnelles (Base-élèves, évaluations nationales)». Principale mission du nouveau directeur? «Rétablir une loyauté institutionnelle dans cette école, tant dans les rapports avec l’administration qu’avec l’équipe pédagogique. Centrer l’action de l’école sur les priorités nationales.» Aussitôt connu, en pleine vague de désobéissance dans l’éducation, ce « poste a profil » fait fureur. L’annonce est alors republiée sans les mentions litigieuses (lire notre billet de février 2009). Cela vaudra à l’inspectrice d’académie (IA) une citation aux derniers Big Brother Awards. (suite…)

clockworkRudy mon pote, t’as pas fini de morfler !

Les jeunes délinquants britanniques vont semble-t-il continuer à bénéficier d’un régime très spécial de la part du gouvernement travailliste de Sa Majesté. Là-bas, comme à Paris, la délinquance juvénile est un sujet qui devient régulièrement le théâtre d’expérimentations nauséabondes. Mais l’équipe de Gordon Brown gagne des point sur la Sarko Team. Après le « passeport à points » — qui conditionne l’octroi de la nationalité britannique à un « bon comportement », comme d’éviter de manifester… contre la guerre — voilà que se renforce outre-Manche un programme de « rééducation » de familles entières sous prétexte de «s’attaquer aux comportements anti-sociaux» des ados (« Tackling anti-social behaviour and its causes », éructe le slogan gouvernemental). Visite aux frontières de Clockwork Orange et de 1984.

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crédit : lepost.fr

crédit : lepost.fr

La secrétaire d’État à la famille Nadine Morano, qui avait relayé une campagne audacieuse l’an dernier «contre la fessée» dans l’éducation des enfants, vient d’en prendre une bien belle qui risque de laisser des traces. Le Comité des droits de l’enfant (CDE), l’un des organes du Haut commissariat aux Droits de l’homme des Nations Unies, vient en effet de corriger la France dans des « observations finales » relatives à la Convention des droits de l’enfant que chaque membre de l’ONU est tenu de respecter. En vrac : fichage de l’enfance, boitiers anti-jeunes, recours aux flash-ball et au taser pour juguler la délinquance des mineurs et… «punitions corporelles».

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Passer son premier exam à 7 ans, ça forme la jeunesse ! 

Après les écoliers de CM2, c’est en effet au tour de leurs camarades de CE1 — quelques 816.000 enfants, d’écoles publiques et privées — de devoir se plier à une «évaluation» de leurs connaissances. Celles des enfants de CM2 se sont déroulées en janvier, en plein milieu de l’année scolaire — cherchez l’erreur —, cette fois cette obligation nationale se déroule cette semaine, jusqu’au 30 mai. Allez savoir pourquoi, la plupart des syndicats d’enseignants se sont ouvertement prononcé contre cette vaste opération statistique. La CGT et SUD appelant même à un boycott total en invitant les profs des écoles à faire jouer leur droit de grève. Sur le fond et la forme, ce premier contrôle scolaire pose énormément de questions. 

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biciclette(Mise à jour 27/05)

Ces deux événements n’ont bien entendu rien à voir, ce ne sont que des coïncidences, des téléscopages d’actualité… Au moment où près de Bordeaux, à Floirac, deux enfants de 6 et 10 ans ont été cueillis à l’école par la police qui les a interrogé 2 heures pour un vol de bicyclette (une info de Sud Ouest), le sous-commandant Darcos continuait d’amuser la galerie avec son nième « plan antiviolence »… (suite…)

Le mot «résistance» résonne avec une sonorité particulière dans la bouche de Raymond Aubrac. Ancien compagnon de Jean Moulin, Aubrac, 95 ans, apparaît dans ce reportage de France 3 Sud aux côtés de Bastien Cazals, professeur des écoles à St Jean de Védas (Hérault) s’étant fait connaître par sa lettre au Président Sarkozy.

Bastien Cazals est l’un des quelque 3000 instits qui ont choisi de désobéir aux réformes du sous-commandant Darcos — voir ici une carte de France de ces franc-tireurs de l’éducation. Saignée dans les effectifs, suppression de l’aide spécialisée pour les enfants en difficulté, nouveaux programmes, évaluations des CM2 au mois de janvier… Et bien sûr le fichier Base élèves. Un reportage comme on aimerait en voir plus souvent dans le petit écran.

BE1D logo2Qu’on se le dise : le fameux fichier Base élèves 1er degrés (BE1D en langage machine) est inoffensif. Si si, il a été nettoyé, recadré, corrigé, et même «amélioré» par M. le ministre.

Voilà ce qu’il disait en juin 2008: « J’ai insisté pour que la “base élèves” ne comporte plus aucune autre indication que celles dont nous avons besoin. (…)  J’ai trouvé que ce document était profondément liberticide. L’origine sociale des familles, la langue des parents, etc. ne nous intéressent pas. Le fait de les indiquer est inutile et n’est pas conforme à la tradition républicaine de l’école de Jules Ferry, qui doit accueillir les enfants quels qu’ils soient pourvu qu’ils soient d’âge scolaire. Nous avons donc modifié le décret relatif à la “base élèves”, de façon qu’elle indique uniquement le nom et l’âge de l’élève. » (suite…)