Articles Tagués ‘fichier base élèves’

Les services de l’Education nationale seraient-ils en pleine communication de crise? Il semble que le ministère encourage les académies à rappeler à leurs correspondants certaines "consignes de sécurité". Rien à voir avec une nouvelle marque d’extincteur. Ça concerne plutôt la protection des accès aux fichiers informatisés des élèves.

Témoin, cette lettre des services informatiques du rectorat de Nantes, qui coiffe les inspections académiques de 5 départements des Pays de la Loire, envoyée par mail aux "utilisateurs-otp" vendredi 20 mai. Il est question de la société RSA et de son petit gadget, la fameuse "clé OTP", qui sert de sésame électronique à toutes les écoles de France pour se "brancher" sur ses fichiers d’élèves. [...] Alors que de nouvelles failles de sécurité de données commerciales font grand bruit dans la presse — l’affaire TMG, sous-traitant de l’agence Hadopi, ou encore ces 35 millions de profils Google à poil sur internet —, que faut-il faire pour que les informations nominatives de millions d’enfants fassent l’objet d’autant de sollicitudes?

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Les toutes récentes fuites à gogo relatées par Reflets.info ces derniers jours donnent des vertiges. Il parait que la CNIL s’intéresse fortement au cas Sony, très emblématique. Des données commerciales à l’air libre, quelle horreur! En revanche, la même Commission continue de donner son feu vert à une foule de traitements nominatifs qui concernent des millions d’enfants mineurs, leurs familles et leurs enseignants, avec les mêmes promesses de «protection des données» et d’«accès sécurisés». Ces processus exploitent des données sensibles qui préparent les élèves à domestiquer leur propre "employabilité" sur le marché du travail. Bref, après les premiers vertiges, la marche forcée de l’informatisation de l’éducation nous donne plutôt la nausée.

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En arrivant au pouvoir en Grande-Bretagne, la nouvelle coalition libérale l’avait juré craché: "fini la société de surveillance". Pour faire un exemple, le vice-Prime Minister Nick Clegg a décidé de sacrifier Contact Point (wikipedia), une sorte de "casier social" des mineurs contenant 11 millions de dossiers (enfants de zéro à 18 ans – limité à l’Angleterre et au Pays-de-Galles).

Le système a, parait-il, été débranché début août. Mais bon, comme la Grande-Bretagne est un pays moderne on ne va pas retourner aux fiches en carton. A l’occasion d’un récent panorama des casiers scolaires en Europe écrit pour Owni.fr, j’ai discuté avec Terri Dowty, le directeur de l’ONG Action on Rights for Children (ARCH) et membre de Privacy International. Il m’a mis sur la piste d’un fichier "bis": «National eCAF». Les Anglais ont trouvé la parade au problème du consentement des parents : à partir de 12 ans, l’enfant seul peut donner son accord à être catalogué…

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(crédit : totoche / cnrbe)

[Publié le 4/07, mise à jour le 19 — Le Conseil d'Etat a rendu son jugementanalyse du CNRBE et revue de presse.]

Le fichier Base élèves des écoles primaires, tout comme la Base nationale des identifiants élèves (BNIE), qui concerne plus de 13 millions d’individus, baignent dans la plus totale illégalité! Ce constat ressort d’une audience publique qui s’est déroulée mercredi 30 juin devant la section contentieuse du Conseil d’Etat [le tout confirmé par le jugement du 19 juillet]. Le «rapporteur public», selon le compte-rendu du collectif de résistance (CNRBE), a soulevé d’importantes irrégularités et réclamé que certaines données soient effacées!

Après les fessées infligées à la France, en juin 2009 et en mars 2010, par diverses instances des Nations Unies, les conclusions du rapporteur, un magistrat indépendant, sonnent comme une punition pour le ministère de l’Education. Certes, ces conclusions ne présagent en rien du jugement final, qui devrait être connu avant la fin du mois de juillet. Mais elles confortent, sur certains points fondamentaux, la position des opposants. (suite…)

Le tatouage de la discordeUn simple dessin vient d’être à l’origine d’un blâme infligé à un enseignant du Vaucluse. Le dessin, le voilà — il fait partie d’une série de cartes postales de soutien au Collectif de résistance au fichier Base élèves (CNRBE). Le tatouage "INE", c’est une allusion à l‘«identifiant national élève», le numéro de matricule que reçoit chaque enfant dès son entrée dans le système scolaire. C’est donc une caricature. Pourtant, Colin Sanchez, professeur et directeur d’une petite école rurale du Vaucluse — l’école à classe unique Jean Moulin, de Saint Roman de Malegarde, entre Bolène et Vaison La Romaine — a écopé d’un blâme de son inspecteur d’académie. Pas seulement parce qu’il refuse mordicus de ficher ses élèves, mais parce qu’il a envoyé ce croquis critique dans un courrier électronique à un collègue. (suite…)

source: CNRBE

Marianne2.fr a consacré un article à base élèves, le fichier des enfants qui vient de coûter encore leur poste de direction à deux enseignants dans l’Isère. Le journaliste évoque très vite «l’autorité française chargée de veiller au respect de la vie privée en matière de fichiers informatiques, la CNIL», mais elle «n’a rien trouvé à redire et n’a pas souhaité y revenir». En clair: elle n’a pas répondu aux appels de Marianne. C’est vrai que la commission n’aime pas trop qu’on la titille sur la question. Mais en insistant un peu, elle répond. Plutôt à côté, mais elle répond.

En janvier 2010, le collectif anti-base élèves (CNRBE) a vertement critiqué un document de synthèse que la CNIL a publié sur son site web. Présenté comme un "mode d’emploi" (sic) sur Base élèves, ce document, silencieux sur des points cruciaux du dispositif, apporte un «soutien politique au ministère de l’éducation», affirme le CNRBE. Bref, la CNIL «perd le peu de crédibilité qu’il lui restait». Ce qui a passablement énervé son président Alex Türk. (suite…)

dsc02106Encore un fichier national dans les écoles élémentaires. Encore une fois justifié par la nécessaire «modernisation» des services et vendu avec «l’accord de la CNIL». Cette fois il catalogue les profs. Il fallait bien gérer les coupes de salaires pour «service non fait» des enseignants récalcitrants, grévistes ou refuseurs. Surveiller et punir, mais automatiquement.

Depuis mars 2010, l’application MOSART (MOdule de Saisie des Absences et Retenues sur Traitement) se répand sur quelques sites "pilotes" (dont les académies du Rhône, Pas de Calais et Bouches-du-Rhône apparemment) pour ensuite être imposé partout — même tactique que pour le déploiement du fichier Base élèves en 2005. Une directrice d’école remarque, comme avec Base élèves à ses débuts: «on nous a précisé que ce n’était pas obligatoire»... (suite…)

Saint Quentin Fallavier (38)En février 2009, parait sur le site internet de l’Académie de l’Isère une annonce un peu particulière. Il s’agit de trouver un enseignant volontaire pour un poste de directeur de l’école primaire Les Moines (6 classes) à Saint Quentin Fallavier, ce beau village situé entre Lyon et Bourgouin.

«La moitié de l’équipe est installée depuis longtemps», pouvait-on lire dans l’annonce. «Ces personnes ont une approche militante de l’école qui les conduit à prendre des positions de refus par rapport à certaines demandes institutionnelles (Base-élèves, évaluations nationales)». Principale mission du nouveau directeur? «Rétablir une loyauté institutionnelle dans cette école, tant dans les rapports avec l’administration qu’avec l’équipe pédagogique. Centrer l’action de l’école sur les priorités nationales.» Aussitôt connu, en pleine vague de désobéissance dans l’éducation, ce "poste a profil" fait fureur. L’annonce est alors republiée sans les mentions litigieuses (lire notre billet de février 2009). Cela vaudra à l’inspectrice d’académie (IA) une citation aux derniers Big Brother Awards. (suite…)

crédit : lepost.fr

crédit : lepost.fr

La secrétaire d’État à la famille Nadine Morano, qui avait relayé une campagne audacieuse l’an dernier «contre la fessée» dans l’éducation des enfants, vient d’en prendre une bien belle qui risque de laisser des traces. Le Comité des droits de l’enfant (CDE), l’un des organes du Haut commissariat aux Droits de l’homme des Nations Unies, vient en effet de corriger la France dans des "observations finales" relatives à la Convention des droits de l’enfant que chaque membre de l’ONU est tenu de respecter. En vrac : fichage de l’enfance, boitiers anti-jeunes, recours aux flash-ball et au taser pour juguler la délinquance des mineurs et… «punitions corporelles».

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Passer son premier exam à 7 ans, ça forme la jeunesse ! 

Après les écoliers de CM2, c’est en effet au tour de leurs camarades de CE1 — quelques 816.000 enfants, d’écoles publiques et privées — de devoir se plier à une «évaluation» de leurs connaissances. Celles des enfants de CM2 se sont déroulées en janvier, en plein milieu de l’année scolaire — cherchez l’erreur —, cette fois cette obligation nationale se déroule cette semaine, jusqu’au 30 mai. Allez savoir pourquoi, la plupart des syndicats d’enseignants se sont ouvertement prononcé contre cette vaste opération statistique. La CGT et SUD appelant même à un boycott total en invitant les profs des écoles à faire jouer leur droit de grève. Sur le fond et la forme, ce premier contrôle scolaire pose énormément de questions. 

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