Articles Tagués ‘terrorisme’

[Mise à jour indispensable ici] Souvenez-vous, en février 2009 un vent de fronde interne au Conservatoire des arts et métiers se levait au sujet de la création, sur mesure, d’une « Chaire de criminologie appliquée » pour le grand manitou de la sécurité intérieure Alain Bauer. Trois profs du CNAM avaient osé lancer une pétition et signé une tribune dans Le Monde pour s’étonner, entre autres choses, que les principes les plus élémentaires du CNAM en matière de recrutement aient été si ouvertement ignorées. C’était l’occasion de se pencher un brin sur le CV si épais de cet autre retourneur de vestes professionnel (passé par le PS, il est aujourd’hui proche de l’UMP)—cf nos archives.

Et bien quel n’est pas notre surprise d’apprendre que Bauer va changer de planète. Il doit annoncer lundi soir 8 février, lors de sa « leçon inaugurale » au CNAM, qu’il va abandonner (!) la plupart de ses fonctions dans de nombreuses commissions parapubliques, dont la présidence du « baromètre » du ministère de l’Intérieur, le fameux Observatoire national de la délinquance, rebaptisé « et de la répression pénale » (ONDRP). Plus fort: il devrait aussi larguer sa petite entreprise, AB Associates, créée en 1994, un cabinet privé de conseil en sécurité urbaine, dont le chiffre d’affaire, dixit l’AFP qui a sans doute vérifié, est en hausse constante depuis 2005, pour afficher 3,1 millions en 2008 (+ 26% sur un an!) pour une rentabilité nette de 20%! Il veut même lancer une Fondation pour conjuguer « sécurité » et « respect de l’individu ». Nous avons immortalisé la (vrai-fausse) dépêche AFP (.pdf) qui nous laisse pantois—on en viendrait presque à le féliciter!
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Pour disperser les manifestants en marge du sommet du G20 en Pennsylvanie, les canons à eau ont été remplacés par d’autres types d’armes « non létales » issues de recherches militaires. Par exemple, le LRAC – Long Range Acoustic Device -, qui a fait ses premières armes en Irak en 2006 comme lors du récent coup d’état militaire au Honduras, est présenté dans la littérature comme « un système d’hyperfréquence (qui) peut être dirigé sur un groupe d’individus, entraînant nausées, malaises intestinaux, troubles de la vision et de l’ouïe». Les images qui suivent, prises par des sources indépendantes et diffusées sur Indymedia, révèlent toute cette belle mécanique contre-insurrectionnelle.

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En langage nerd, on appelle ça une « killer application » — un truc mortel, l’application qui tue. Et pour le coup elle porte bien son nom.

verichip+ poison

Il s’agit d’une «puce tueuse» commandée à distance par satellite… Le procédé, décrit il y a trois semaines dans quelques dépêches, paraît simple comme bonjour: une puce électronique qui contiendrait un récepteur GPS, un composant assez minuscule pour être injectée sous la peau, et qui permettrait de suivre à la trace un individu afin par exemple qu’il ne dépasse pas certaines limites géographiques. A ce stade là, rien de bien nouveau. En matière de géolocalisation judiciaire, le principe du bracelet électronique mobile, inscrit depuis presque 3 ans dans le code de procédure pénale français, revient à peu près au même résultat. Mais si cette invention a, parait-il, été retoquée par l’Office allemand des brevets, le DPMA, c’est pour son application finale: le dispositif contiendrait une capsule de poison — du cyanure, par exemple —, et une fois qu’un certain périmètre serait dépassé, la puce serait capable de libérer une dose létale afin de foudroyer sur le champs le contrevenant…

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La prochaine loi de programmation pour la «performance» de la sécurité intérieure, dévoilée cette semaine par MAM et sa clique, contient donc cet article révolutionnaire (le n°23 du projet de loi) qui permettra de réaliser à distance des «captations de données» sur des ordinateurs de particuliers. Le mot « captation » est bien modeste, car il s’agit bien d’une extension du domaine de la perquisition. Un acte judiciaire qui doit obligatoirement se faire, aujourd’hui, en présence du suspect. Avec ce dispositif — qui pourra prendre la forme d’un logiciel espion, ou « cheval de troie » — c’est donc la procédure pénale qui va s’en trouver complètement chamboulée.
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COMBIEN D’HEURES
DE GARDE A VUE
POUR CETTE PHOTO ?

CSAtract+sq

Le délit d’opinion n’existe pas, bien sûr. C’est encore trop crado pour que les politiques et leurs valets du privé—qui aiment aussi à museler les mécontents qui détournent leurs logos ou appellent au boycott de leurs produits—s’y adonnent ouvertement, alors il est de bon ton de nos jours de s’attaquer plutôt aux intermédiaires, aux relayeurs de la libre parole. L’affaire de Tarnac, comme celle d’autres personnes inculpées suite à des contestations un peu trop bruyantes, n’a pas révélé l’once d’une association de malfaiteurs à visées «terroristes». Mais en revanche, elle a mis à jour une concrète armée de l’ombre de pensées et d’écrits subversifs. Quand on ne peux pas juger des « ennemis intérieurs » sur pièces, sur des faits précis qui conviendraient à la loi, on s’en prend à leur idées, leurs déclarations, leurs prises de position — voire même leurs pancartes… Car ces écrits, aux yeux des robocops de l’antiterrorisme, relèvent «l’intentionnalité» d’un délit ou d’un crime possible, même si cette intention relève de l’imaginaire collectif. Ainsi, on applique avec un peu d’avance les préceptes du fichage « à la Edvige », c’est à dire qu’on surveille «l’environnement de la personne» afin de la fragiliser, sans pour autant apporter plus de preuves aux faits reprochés.

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Pour commencer un florilège en vidéo pour illustrer
le « Bâton Merdeux » décerné à Frédéric Lefebvre

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Voilà un document réalisé par un groupe d’habitants d’une commune proche de Tarnac, en Corrèze, sur le traitement médiatique de l’opération « Taiga ». Le 11 novembre dernier, la presse reprend en choeur la thèse d’une « mouvance anarcho-autonome » qui serait responsable de tentatives de sabotage sur des lignes de TGV.

C’est justement parce que ce « sujet » n’a pas été fait par des journalistes qu’il attire l’attention. L’association Télé Millevaches existe depuis 1986, et son « Magazine du plateau », tous les mois, se diffuse encore par « cassettes » dans tous les villages alentour. Depuis peu on peut aussi trouver toutes les archives sur le net. En décembre, l’émission revenait sur l’affaire de Tarnac en donnant la parole à des proches des inculpés (cf le début du magazine 165). Et dans son numéro 166, la Magazine du plateau s’en prend donc à la manière dont les télés, radios et quotidiens nationaux, en un seul bloc, ont permis l’emballement de toute l’affaire. Ce document n’est ni un reportage ni un documentaire, c’est un récit, un constat, simple et implacable. Un récit privé de tous les codes du « journalisme » audiovisuel, sans images signifiantes, sans images prétextes.Une belle leçon de journalisme tout court.

(Pour voir l’intégralité du magazine, c’est ici)