Articles Tagués ‘émeutes’

Les gesticulations politiques de David Cameron sont pathétiques. Le Prime Minister de Sa Majesté trouve donc que les soulèvements qui éclatent dans les principales villes britanniques depuis quelques jours, suite à la mort d’un jeune londonien sous les balles de la police, ont quelque chose à voir avec les réseaux sociaux et les textos échangés par Blackberry. Cette stupide déclaration de Cameron, la voici:

Nous travaillons avec la police, les services de renseignements (sic) et les industriels, à chercher s’il serait envisageable d’empêcher les gens de communiquer avec ces sites web (resic) et ces services lorsque nous savons qu’ils préparent des actes de violence, du désordre et du crime.

Stupide, car elle reprend quasiment les mêmes termes employés il y a tout juste un an, en aout 2010, par le très démocratique gouvernement de Sa Majesté… saoudienne.

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Rome, 22 décembre (© Amos Farnitano)

Les dernières manifs étudiantes en Italie n’ont pas plu au Cavaliere. Après avoir échappé à une motion de censure mi-décembre, Berlusconi et ses ministres préparent une arme secrète qu’envieraient Sarko et sa bande à Paris. L’idée est d’appliquer à l’activisme politique et syndical le même traitement qu’aux tifosi, les supporters de foot.

Depuis l’année dernière, pour écarter ses hooligans les plus violents — qui sont souvent les plus fachos —, Rome a mis en place une « carte du supporter » (tessara del tifoso), obligatoire pour se rendre au stade tous les dimanche. Pour l’obtenir, il faut d’abord montrer patte blanche: la police fouille dans ses fichiers et la moindre trace de violence aux abords d’un stade, même datant de plusieurs années, peut suffire pour lui refuser la carte.

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Jusqu'ici n°2 (clic pour PDF)

Le dernier numéro du bulletin Jusqu’ici (n°2) nous rappelle à quel point les manifestants sont toujours de très bons cobayes pour tester de nouvelles armes de maintien de l’ordre.

Nous évoquions l’an dernier, aux Etats-Unis, les camions anti-émeutes et leurs canons acoustiques qui donnent la nausée, testés en Irak et à Gaza, puis employés à grande échelle lors du contre-sommet du G20 de Pittsburgh — comme lors du coup d’Etat au Honduras en septembre 2009. Ces armes sont appelées « non létales » ou, dans une novlangue plus douce, « à létalité réduite » . Après le pistolet à impulsion électrique et le flash-ball, trop has been, une autre petite merveille du maintien de l’ordre high-tech est expérimenté discrètement au gré des conflits sociaux depuis 2006. La France n’a pas encore de canons LRAD qui font gerber. Elle préfère les « grenades assourdissantes ». Des armes qui ne sont pas conçues pour tuer, mais qui peuvent mutiler sans fioritures. (suite…)

source: Arrêt sur image

"Cela ne fait que commencer..." (Guardian, 11 nov)

«En Angleterre, quand il y a une manifestation, tout le monde s’en aperçoit.» C’est à peu près ce qu’aurait pu déclarer David Cameron, le « Thatcher Soft » qui dirige la Grande-Bretagne depuis le printemps dernier. En effet, les Anglais ne font pas de manif tous les jours, mais quand ils y vont, ça déménage. Imaginez le siège de l’UMP, rue La Boétie, envahie et attaquée par une cohorte d’étudiants qui pénètrent dans le hall en explosant la baie vitrée.

C’est ce qui s’est passé mercredi dernier à la tour Millbank, où le Parti conservateur a ses bureaux. Les étudiants viennent d’apprendre que les restrictions budgétaires qui vont toucher l’éducation (« education cuts ») entraîneront le triplement des frais d’inscription à l’université, pour atteindre jusqu’à 7.000£ par an (9000€). Alors que Nick Glegg, le vice-Premier ministre, avait promis le contraire, et voulait même les abolir! C’est ce même Clegg qui a promis d’en «finir avec la société de surveillance»

images publiées par london.indymedia – voir aussi cette vidéo de Russia Today

Villiers-sur-Marne, 2009 (arte.tv)

La question de la délinquance des jeunes fait à nouveau l’objet d’une vaste opération de com’ qui n’est pas sans rappeler la triste année 2005, qui se terminera par une série d’émeutes dans tout le pays. A cette époque, un député de l’UMP, Jacques-Alain Benisti, sortait de l’anonymat avec un rapport devenu fameux qui préconisait pour la première fois la « détection précoce » des enfants turbulents pour leur éviter la case prison dans leur adolescence. C’est cette même année que l’Inserm, l’institut public de recherche médicale, publiait une « revue d’études » sur la question, en prenant le partie de traiter la question là aussi sous l’angle « prédictif ».

Le 14 octobre 2010, le gouvernement organisait les premières « Assises de la prévention de la délinquance juvénile » (sic). Le 4 novembre,  Jean-Marie Bockel, le sous-ministre à la Justice, sortait un nième rapport sur la question. Comme par hasard, aujourd’hui même 10 novembre, Bockel doit faire mousser son « rapport » à Villiers sur Marne, fief de Bénisti… Pour régler la question « jeunes », les vieilles ritournelles prennent toujours le dessus. Voici quelques notes discordantes et deux documentaires à ne pas manquer.

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Paris, 16 octobre (reuters)

C’est en effet la question cruciale qui nous brûle les lèvres après dix jours de spéculations, de démentis puis d’éléments probants visant à accréditer la thèse de la présence d’agents provocateurs de la police au sein des manifestations. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer le rôle de policiers en civil « infiltrés » — officiellement pour repérer les « ultras » qui se mèleraient aux manifs pour casser du flic et des vitrines. Non, cette fois la question est plutôt de savoir si ces « infiltrés » ne jouent pas un double jeu au point de provoquer les affrontements.

Bernard Thibault (dans Libération mercredi) et Jean-Luc Mélanchon un peu plus tôt (rebelote mardi) ont repris ces accusations cette semaine. Mais surprise : le ministre Hortefeux ne veut pas porter plainte en diffamation. Pourtant le même premier flic de France a été moins timide cet été — sans que ça fasse la Une — en assignant deux sites internet qui avaient eu la facheuse idée de contredire la version officielle. C’était suite à l’affaire du braquage du casino d’Uriage, dans l’Isère, et de la révolte qui s’en est suivi dans un quartier populaire du sud de Grenoble. (suite…)

Le commerce « gris » des technologies de surveillance ne choque personne, c’est comme ça. Si certaines ventes d’armes doivent parfois se plier à des procédures d’exportation en fonction du pays acheteur, en revanche les dictatures peuvent tranquillement violer la vie privée et la liberté d’expression de leurs concitoyens grâce au dernier cri des matériels et des logiciels occidentaux.

Un documentaire du journaliste Paul Moreira s’est penché sur le rôle joué par le groupe franco-américano-chinois Alcatel-Lucent en Birmanie [à droite: le chef de la junte Than Shwe]. Sa filiale Alcatel Shanghai Bell a en effet fourni à la junte birmane des équipements télécoms qui peuvent être utilisés pour fliquer les communications. Alcatel se défend bien entendu de toute « collaboration » avec le régime ultraorwellien de Birmanie. Un grand classique: « il n’y a rien d’illégal, on ne fournit que le matériel, ce que nos clients en font n’est plus notre affaire ». (suite…)